Si le carafage et la décantation consistent tous deux à transvaser un vin de sa bouteille vers une carafe, l’objectif de ces deux opérations est toutefois bien différent :

– Le carafage s’effectue dans une carafe à base très évasée. L’idée principale est en effet d’apporter un maximum d’aération au vin. Dans cette optique, il est possible de transvaser vivement le vin afin d’augmenter son oxygénation. Cette opération s’adresse à des vins jeunes, rouges ou blancs, qui s’avèrent assez discrets à l’ouverture. L’apport d’oxygène va en favoriser l’expression aromatique. L’opération va également permettre aux vins qui seraient un peu gazeux (voir paragraphe dédié) de redevenir totalement tranquilles et de bonifier ceux qui présentent un peu de réduction (voir paragraphe dédié).

– La décantation permet quant à elle de séparer le vin du dépôt qui a pu se former dans la bouteille après plusieurs années en cave (voir paragraphe dédié). La carafe utilisée doit être la moins évasée possible afin de limiter la surface de contact entre le vin et l’air. Ces vins plus vieux sont en effet généralement plus fragiles. Un contact trop brusque avec de l’oxygène risquerait de faner précipitamment le vin qui ne serait alors plus bon…

Comment savoir si je dois décanter un vin ?
La décision de décanter se fait après avoir goûté le vin. S’il présente une bonne structure tannique, il supportera l’opération. A l’inverse, si le vin présente une trame plus fine et un corps plutôt léger, il serait trop risqué de le brusquer. On le laissera alors en bouteille. Quoi qu’il en soit, la décantation doit être réalisée délicatement. L’idéal est d’incliner la bouteille en la positionnant dans un panier prévu à cet effet et d’utiliser une bougie que l’on place derrière le goulot. Ceci permet d’identifier l’arrivée des premiers sédiments qui marque la fin du transvasement du vin. A défaut de pouvoir réaliser ce cérémonial, il convient de placer la bouteille verticalement une demi-journée afin que le dépôt puisse sédimenter. Le passage dans la carafe sera facilité, le vin clair pouvant alors être plus facilement isolé des sédiments.

A propos des Clés du Vin

Ces clés du vin ont été élaborées par Jean-Michel Brouard, en collaboration étroite avec Pierre Vila Palleja, chef sommelier du restaurant « le Petit Sommelier » dans le 14ème arrondissement de Paris. A 27 ans, Pierre est l’un des meilleurs sommeliers de sa génération. Passionné de vins depuis son entrée à l’école hôtelière à 15 ans, il y décrochera une mention complémentaire « sommellerie ». S’ensuivront des passages remarqués dans de grands établissements de la capitale (le Ritz, Lasserre, le Crillon et le Georges V) ainsi que dans le groupe Alain Ducasse. Curieux de tous les vignobles, « surtout de ceux qu’[il] ne connaît pas », Pierre sillonne les régions viticoles depuis l’âge de 19 ans avec un attachement particulier pour les magnifiques Terrasses du Larzac dans le Languedoc. Chef sommelier du restaurant familial depuis 2012, Pierre a réussi en 2 ans le pari fou de le doter d’une cave exceptionnelle, aux 700 références souvent prestigieuses. Mais toujours dans un esprit de partage avec ses clients. Les coefficients pratiqués ici sont bas et permettent de découvrir de très grands flacons à des prix particulièrement raisonnables. Une philosophie qui a convaincu nombre de grands noms du vin (Dagueneau, Trimbach, Trévallon, Tempier entre autres) qui participent régulièrement à des « dîners vignerons », faits de bons produits du terroir issus d’une sélection qualitative pointue. En somme, un paradis pour tout amateur de vin qui sera accueilli ici avec une gentillesse, une bienveillance et un professionnalisme rares.

pierrevilapalleja