Le 24ème R.D. (pour « Récemment Dégorgé ») de l’histoire de la maison Bollinger vient d’être mis en marché avec le R.D. 2002. Pour accompagner la naissance de ce champagne mythique, un verre spécifique a été dessiné.

C’est un peu un cadeau de naissance. La sortie d’un millésime est déjà un événement en soi chez Bollinger. Mais quand celui-ci accède au « projet R.D. », alors on touche à l’exceptionnel ! « C’est la dégustation et elle seule qui nous fait décider si un champagne peut devenir un R.D. ou pas, explique Gilles Descôtes, chef de caves chez Bollinger. Tous nos millésimes vieillissent sur lies pendant de nombreuses années, mais pour certains, on perçoit un potentiel de garde et une évolution vraiment uniques. La caractéristique R.D., c’est ce contraste assumé entre un nez d’une grande complexité aromatique et une immense fraîcheur en bouche qui va permettre aux vins de traverser les années sans faiblir. » Le R.D. pour « Récemment Dégorgé » est donc un millésimé qui est élevé pendant 8 à 25 ans dans les caves Bollinger avant d’être mis en marché.

Une idée audacieuse

L’idée du R.D. est née dans l’esprit de Madame Bollinger au début des années 60, alors que les bouteilles et cuvées spéciales des maisons de champagne faisaient florès, et que son agent américain lui réclamait à corps et à cris une référence spéciale.

Plutôt que de créer un nouvel assemblage, elle a l’idée de se tourner vers de vieux millésimes – une idée marketing audacieuse à l’époque, mais qui correspond bien aux caractéristiques de ses vins – et de les traiter (dégorgement et dosage) comme de jeunes extra-bruts. Ce sont donc de très vieux millésimes… récemment dégorgés (R.D.).

Trois millésimes sont alors lancés simultanément en 1967 : le 1952 sur le marché anglais, le 1953 en Suisse et en France et le 1955 en Italie et aux Etats-Unis. Depuis cette date, seuls 24 R.D. ont été produits dans le plus pur esprit de la maison, avec un travail méticuleux réalisé entièrement à la main. 2002 est le dernier né de cette prestigieuse lignée.

Robe or, ce champagne présente une proportion non négligeable de chardonnay pour Bollinger (60 % pinot noir, 40 % chardonnay) qui s’explique par la réussite exceptionnelle du cépage blanc sur ce millésime. Le nez est caractérisé par la mirabelle et les fruits très mûrs, du miel et un côté très charmeur. A l’aération se développent des notes florales, mentholées, tisannières. En bouche, c’est un adolescent éblouissant de jeunesse, avec quelques touches discrètes grillées et épicées, même si la fraîcheur domine très nettement tous les autres arômes. Déjà très flatteur tel quel, il mérite toutefois encore de longues années en cave pour patiner la fougue de sa jeunesse !

Un verre en cadeau de naissance

A naissance exceptionnelle, cadeau exceptionnel. Gilles Descôtes et son équipe ont décidé de créer un nouveau verre, berceau destiné à accueillir le nouveau bébé.
Dessiné par l’équipe œnologique et réalisé par le verrier Lehmann Glass, le verre « Elisabeth » est soufflé bouche. Il s’inspire de la forme d’un verre à vin tranquille, avec un nez resserré pour concentrer les arômes, et une paraison au contraire élargie pour favoriser l’épanouissement du pinot noir, cépage emblématique de la maison. Enfin, une piqûre a été réalisée au fond du verre pour conduire un train de bulles harmonieux.

Le verre Elisabeth est commercialisé seul (6 €/verre), mais accompagnera aussi Bollinger R.D. 2002 (prix conseillé 210 €) dans différentes versions de coffrets somptueux qui apparaîtront au cours des prochains mois chez les meilleurs cavistes et boutiques spécialisées.

Joëlle W. Boisson