(archive Cavistes Dating 2017)
(archive Cavistes Dating 2017)

La nouvelle édition 2018 de « Cavistes Dating » est l’occasion de mettre en lumière les défis que les cavistes doivent aujourd’hui relever pour pérenniser une activité soumise à une forte concurrence.

Le tableau est souvent très noir parmi les commerces dits de proximité. Pas une journée sans que de nombreuses échoppes de primeurs, quincaillers et tant d’autres ferment. Pourtant, cette tendance n’est pas une fatalité. Les cavistes se portent globalement plutôt bien. Leur nombre en France connaît une belle croissance depuis plusieurs années (+2,5% par an), les créations de caves étant supérieures aux fermetures. Un dynamisme porté évidemment par l’intérêt grandissant pour les bons produits de terroir et régionaux. Et pourtant, le métier de caviste n’a peut-être jamais été confronté à autant de défis.

Jean Guizard, président de la Fédération des Cavistes Indépendants (FCI) depuis 2 ans, en a pleinement conscience et ne craint pas d’affirmer « il faut que nous nous bougions et de ne pas attendre simplement les clients dans nos boutiques ». Dès son arrivée, il va lancer différents chantiers. L’un des premiers sera destiné à renforcer la visibilité des cavistes, encore trop souvent absents sur internet et sur les réseaux sociaux. « Il y a encore 5 ans, seuls 5% à 10% des cavistes possédaient une page Facebook. La FCI a donc été moteur sur le sujet. Son site internet a été entièrement revu pour permettre un affichage satisfaisant sur smartphone, de l’actualité est publiée régulièrement tant sur le site que sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête. « Une collaboratrice a même été embauchée pour s’en occuper à plein temps ». Cet élan a été globalement suivi et parmi les adhérents de la FCI, près de 80% ont désormais une page Facebook ! L’accompagnement est permanent et permet de dissiper les craintes. Trop nombreux sont encore les professionnels qui craignent de devoir « s’exposer » personnellement sur les réseaux sociaux… Mais les craintes sont rapidement dissipées lorsque l’impact positif des réseaux sociaux peut être aisément perçu. Fin 2017, la FCI a ainsi lancé le hashtag #ideecadeaucaviste qui a beaucoup été relayé sur les réseaux sociaux et a soutenu l’activité de fin d’année.

Vente en ligne et label qualité

Être caviste en 2018, ce n’est plus faire (exactement) le même métier qu’il y a 20 ans. « Aujourd’hui, la moitié des clients vont se renseigner sur internet avant de passer en boutique. Tout l’information y est disponible et il n’est plus rare que certains clients en connaissent presque autant que nous » explique de manière pragmatique Jean Guizard. La présence en ligne est donc un enjeu vital. Toutefois, créer et entretenir un site internet de qualité coûte cher et prend du temps. Si certains affichent simplement leur catalogue en ligne pour attirer le chaland, d’autres bénéficient désormais du service « caviste authentique ». Cette start-up permet aux cavistes indépendants, moyennant une faible commission, de passer par une plate-forme de vente centrale sur internet. L’entreprise se charge de tout, le caviste est prévenu lorsque l’une de ses bouteilles est vendue. Il n’a alors qu’à imprimer un bon de commande et à expédier le colis. Un moyen très simple d’être présent en ligne et de capter certaines ventes qui n’auraient sinon pas eu lieu.

Mais il est aussi important que les cavistes ne soient pas perçus comme de simples vendeurs de vin en ligne. « Les professionnels sont là pour aider les clients, les guider dans leurs choix, surtout pas pour les impressionner ! » insiste Jean Guizard. D’autant que, contrairement aux idées reçues, les clients peuvent trouver chez les cavistes un large choix de bouteilles très abordables, à partir de quelques euros… Cette prise de conscience du public pourrait être facilitée par la création d’un label qualité. La FCI travaille à sa mise en place, « sur le modèle des maîtres restaurateurs ». Une manière rapide de pouvoir ainsi identifier les professionnels travaillant de manière traditionnelle et authentique. C’est bien en continuant à sans cesse se réinventer que les cavistes continueront à être des passeurs entre les vignerons et les clients.