Depuis l’élection de son nouveau bureau en juin 2016, le groupement réunissant 250 cavistes indépendants de France met les bouchées doubles pour la promotion et la défense du métier de caviste.

Lors de l’assemblée générale qui s’est tenue les 2 et 3 avril derniers à Épernay en Champagne, le nouveau bureau de la Fédération des Cavistes Indépendants (FCI) dressait le bilan de son premier exercice et présentait les perspectives et projets 2017. Le point avec avec Jean Guizard, caviste (Aux Grands Vins de France / Megavins – 34) et président de la FCI.

Pouvez-vous dresser à nos lecteurs la carte d’identité de la FCI ?
La FCI est un groupe de cavistes indépendants créé en 1985. Il est au départ né d’une volonté de cavistes du sud et de Paris de se fédérer pour s’entraider dans leur manière de travailler et instaurer une défense commune de leurs intérêts, notamment auprès des instances publiques. Aujourd’hui, la FCI regroupe environ 250 adhérents de toute la France, mais ce nombre n’est pas figé, chaque jour de nouvelles entrées se font.

Plusieurs regroupements de cavistes existent, la FCI mais aussi le Syndicat des Cavistes Professionnels (SCP). Quelle différence entre les deux ?

Le SCP a été créé par la FCI et fédère au niveau national toute la profession. Il rassemble trois collèges : un de cavistes indépendants dont fait partie la FCI, un de franchisés et les réseaux. C’est important que tous les cavistes français soient rassemblés dans un organe commun pour discuter avec les instances, notamment nationales (ministères, douanes…)

Quelles sont les actions prioritaires déjà engagées par le nouveau bureau depuis son élection ?
On a la chance d’être sur un métier de commerce de proximité qui continue à prospérer. Mais le caviste doit être plus visible, notamment sur internet et les réseaux sociaux pour se faire connaître. On a lancé en mai 2016 le site internet de la FCI (www.cavistes.org), permettant de trouver un caviste près de chez vous et toutes les informations pratiques sur lui (description, présentation des produits, photos…) On a aussi travaillé sur un deuxième volet dédié aux ventes sur internet. Se créer un site marchand, c’est compliqué, lourd à gérer au quotidien et assez cher. On a décidé de développer un site marchand, grâce à un partenariat préférentiel avec www.cavisteauthentique.com. Cette plateforme offre la possibilité aux cavistes de faire de la vente en ligne sans créer leur propre site. Le caviste expédie lui-même ses produits, mais tout est pré-organisé (logistique, paiement…).

Outre ces actions concernant la promotion sur internet, quelles autres actions sont en cours ou à venir ?

On se concentre aussi pour donner des outils utiles à nos adhérents dans leur quotidien (mise en place de solutions de financement adaptées, création d’un contrat groupe d’assurance, proposition d’un accord groupe pour des prestations et services à tarifs réduits pour les cavistes et leurs collaborateurs de type CE, proposition d’ateliers de formation par le partage d’expériences intercavistes…). On va également rénover notre centrale d’achat. Nos outils historiques sont maintenus, comme notre magazine « Saison Côté Cave » destiné à nos clients finaux, dont on va accroître la publication à trois ou quatre fois par an au lieu de deux.

Comment voyez-vous l’avenir du métier de cavistes ?
Je pense qu’il y aura toujours besoin de cavistes. On est dans un univers français où il y a une excellence quasi-partout. Les vignerons qui vont rester demain resteront parce qu’ils font de bonnes choses. La philosophie d’un caviste indépendant est d’aider ces vignerons à se faire connaître et à vendre. Quand on est dans un rayon de grande distribution et qu’on n’est pas connaisseur, c’est très dur de choisir un vin tout seul. Aujourd’hui, les gens boivent moins mais mieux, et ils sont même prêts à mettre un peu plus cher. Pour se distinguer de tout ce qui se fait ailleurs (grande distribution, internet…), le caviste doit de plus en plus apporter du conseil et du service. Il doit être présent physiquement dans des boutiques et virtuellement sur la toile pour montrer ce qu’il propose de différent.

Entre cavistes physiques et web, est-ce un peu « je t’aime moi non plus » ?
Certains cavistes physiques ne voient pas les vendeurs de vin en ligne d’un bon œil. On ne peut pas aujourd’hui ignorer ces évolutions. Il ne faut pas rester passif à attendre, il n’y a rien de pire! Quand des choses intelligentes se font ailleurs, au lieu d’en avoir peur, il faut regarder si on peut les appliquer chez soi. Et puis pour donner envie de venir chez lui, le caviste doit savoir apporter quelque chose de différent, comme faire venir un vigneron qui va parler de son terroir, son expérience, et créer la convivialité qu’un site web n’apportera jamais. Et bien sûr, il faut que le caviste fasse savoir qu’il fait ce genre d’animation, sinon personne ne viendra chez lui pour cet événement.