Quand, après d’importants travaux, le cru bourgeois de Cussac-Fort-Médoc s’ouvre au tourisme, il le fait avec la manière. Depuis le début du mois, les visiteurs découvrent un château entièrement rénové et des prestations originales.

Empruntez une route mythique, la D2, jalonnée des plus grands noms du Médoc. Prenez, à quelques pas de là, une propriété avec un potentiel oenotouristique encore inexploité il y a de ça 18 mois. Ajoutez des travaux colossaux, avec la réfection extérieure et intérieure du château. Et l’envie de créer un concept oenotouristique unique, avec l’élaboration d’une offre de prestations variées, la création d’une visite scénarisée, l’embauche d’une responsable dédiée… Et vous obtenez l’oenotourisme version château Lamothe Bergeron !

Laurent Mery, directeur général de la propriété depuis son acquisition par les Cognacs H. Mounier et Hardy en 2009 le concède, « à cette époque, la propriété sommeillait un peu. » Pour réveiller cette belle endormie, le vignoble, la partie technique, l’image du produit, sa commercialisation et sa distribution sont retravaillés. Mais le directeur a l’envie d’aller plus loin. Il rêve de « monter un concept oenotouristique avant-gardiste par rapport à ce qui se fait déjà à Bordeaux. » Après trois ans de réflexion, le projet est lancé en janvier 2014.

Scénographie inédite

Ce qui distingue l’offre oenotouristique de la propriété ? Une visite inédite. Qui commence dans les salons-salle de réception de la propriété, au cœur du château, alors qu’à « Bordeaux, il est encore fréquent de ne pas pouvoir pénétrer dans le château », constate Laurent Mery. Après un petit rappel historique, le visiteur gagne « l’observatoire à terroirs », une cabane en plein air avec vue sur les 67 hectares de vignes de la propriété. Mais c’est ensuite que la scénographie est la plus innovante. Dans le cuvier, les jeux de lumière rose, mystérieux, guident le visiteur. Un hologramme est projeté sur l’une des cuves. En images animées, le spectateur voit la cuve se remplir de raisins, la fermentation alcoolique se dérouler, le remontage et l’écoulage avoir lieu. Au chai ensuite, l’art de l’assemblage est expliqué grâce à un film projeté sur sa vitre, avec en acteurs d’un jour Laurent Mery et Hubert de Boüard, oenologue-conseil de la propriété. Et cette mise en scène ludique et pédagogique plaît. « Souvent, après ces vidéos, les gens ont tout compris, ils n’ont même plus de questions » affirme Anne Melchior, en charge de l’oenotourisme. Et d’ajouter en souriant : « l’autre jour, des enfants se sont même assis comme au cinéma, pour regarder ! »

Aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur

Pour relever ce défi oenotouristique, la propriété a fait appel à l’architecte bordelais Olivier Martin. Lui qui a déjà œuvré à la réhabilitation de la maison de François Mauriac (Saint-Symphorien) ou de l‘espace Darwin, ancienne caserne militaire, lieu branché de Bordeaux, « a à la fois une approche historique et une approche moderne » explique Laurent Mery. Ravalement, briquettes et pierres apparentes conservée, la bâtisse du 19e a retrouvé sa splendeur d’antan. Mais à l’intérieur, surprise : une décoration moderne et contemporaine, pensée par l’agence bordelaise de design d’intérieur « Au Long Cours ». « Je veux que ce soit cosy, que les gens se sentent bien, explique Laurent Mery. C’est important qu’ils ressentent la convivialité. » Au dernier étage, une salle de réunion d’une capacité de 80 personnes, sous les toits. Un étage en dessous, quatre chambres à la décoration moderne, chacune avec son style. Mais toutes avec vue sur les vignes et le parc de la propriété. En rez-de-chaussée le salon-salle de réception. Et en semi-enterré, une cave et la boutique, avec leurs murs en pierre blonde.

En cette année 2015, Laurent Mery en est certain : la propriété n’est qu’au début de l’aventure oenotouristique. Avec ce nouvel outil et une ouverture sept jours sur sept, « fait encore rare dans le Bordelais », le directeur nourrit l’ambition de recevoir à terme quelques 30 000 visiteurs par an.

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