Photo Frédérique Hermine.
Photo Frédérique Hermine.

Les Coteaux de l’Auxois (prononcez « aussois » comme Auxey-Duresses) s’étendaient en Bourgogne nord, au-dessus de Dijon, sur 40 000 ha avant le phylloxera. Ils n’en comptent plus qu’une quarantaine mais très convoités par les négociants beaunois.

Les Coteaux de l’Auxois étaient des petits vins de comptoir qui s’écoulaient facilement en remontant par bateau les affluents de la Seine, qui passe aussi par Chablis. Aujourd’hui, l’appellation en IGP est surtout bue localement. C’est avant tout une terre de blancs avec l’auxerrois (prononcez le x) et le chardonnay, un peu de rouge en pinot noir et pinot gris. Des vins souvent considérés trop proches des bourgognes sans en être, et donc difficiles à valoriser. Jusqu’à ce qu’un dénommé Louis-Fabrice Latour, l’un des principaux négociants de la place de Beaune, s’intéresse au début du siècle à ce petit vin et à ses terroirs via la maison Simonnet-Fevre rachetée en 2002 pour des premières vendanges en 2013. Latour est désormais propriétaire de plus de 13 ha près de Semur-en-Auxois, soit plus du tiers de l’appellation qui en compte 37. 14 autres hectares appartiennent à la société Flavigny-Alésia de la famille Nel, qui serait en train de les vendre à une autre maison beaunoise (on n’en connaît pas encore le nom mais les conjonctures vont bon train), 2 ha cultivés en bio à Aurélien Febvre, le reste étant éparpillé entre une dizaine de vignerons indépendants. Pas de vrac, tout est mis en bouteille, environ 300 000 par an, et même en capsule à vis chez Latour.

Une terre de blancs et d’IGP

Mais les grands bourguignons vont-ils maintenir les vins en IGP ou les passer dans leurs cuves de bourgogne ou coteaux bourguignons ? Louis-Fabrice Latour balaie ces soupçons d’un grand sourire : « En AOP, nous perdrions la possibilité de planter autre chose qu’une dizaine d’ouvrées par an et à 30hl/ ha et nous tablons plutôt sur 2-3 ha supplémentaires par an en IGP avec un potentiel d’une soixantaine d’ha, – nous avons d’ailleurs investi il y a deux ans dans une cuverie. L’intérêt est de vendre de l’Auxois, même si le nom de l’appellation comme du cépage ne sont pas simples à prononcer, surtout à l’étranger ; En revanche, il y a une histoire à raconter dans l’Hexagone. L’Auxois est le Chablis d’il y a 30 ans ».

L’idée est d’acheter et de remembrer pour étendre les surfaces de vignes conduites en lyre (mode de palissage en deux plans ouverts, NDLR). D’où le nom des cuvées comprenant toutes le mot Lyre (entre 7, 50 et 10, 50€). Louis-Fabrice, qui reste bourguignon dans l’âme, reconnaît avoir un faible pour le chardonnay, plus facile à vendre, mais avoue que les clients préfèrent l’auxerrois, un peu plus rustique mais plus original. Monoprix vient de référencer l’Esprit de Lyre, uniquement en auxerrois. La gamme comprend deux autre blancs, Saveurs de Lyre à 60% auxerrois, 40% chardonnay, et Quintessence de Lyre en 100% chardonnay. Jean-Philippe Archambaud, le DG de Simonnet-Febvre, a mis quelques pinots en cuve ; il hésite encore à lancer une cuvée de rouge sur ces terres de blancs, peut être début 2016.