Diam ouvre une usine à Céret, qui complète ses sites espagnols, au prix d’un investissement de 30 millions d’euros. L’entreprise leader du bouchon technologique (le liège sans le goût de bouchon) connaît un succès qui ne se dément pas.

Allié incontournable de la bouteille de vin, le bouchon peut être aussi son fossoyeur. Qui n’a jamais connu la cruauté sans nom de la bouteille bouchonnée ? Pendant des siècles, les fabricants de bouchons étaient les seuls habilités à boucher les bouteilles de vin, au nom d’une qualité essentielle du liège : l’élasticité (le bouchon de liège se contracte au froid, gonfle avec la chaleur mais retrouve ensuite sa forme d’origine avec une résilience dont font preuve peu d’autres matériaux). La présence de la substance qui véhicule le goût de bouchon (TCA – tetrachloroanisol) était un risque calculé, contrepartie d’un bouchage sans fuite.

A la fin du siècle dernier, cependant, les producteurs et les consommateurs se sont tournés vers des solutions sans liège, donc sans TCA : les capsules à vis et les bouchons synthétiques. Mais l’élasticité et/ou la résilience n’étaient pas au rendez-vous, malgré les perfectionnements de ces concurrents du liège.
Puis est venu le bouchon de liège technologique, une solution développée par Diam pour garantir le liège sans TCA et avec son élasticité, renforcée avec des microsphères comme celles qu’on utilise en cosmétique.

Nettoyage supercritique

Depuis 2003, la société Diam Bouchage applique à la fabrication de bouchons de liège le procédé DIAMANT®, qui utilise les propriétés du CO2 à l’état supercritique pour nettoyer les granules de liège « Supercritique, il est à la fois liquide et gazeux », résume Bruno de Saizieu, le directeur commercial de DIAM, « gazeux, il se faufile partout. Liquide, il emporte toutes les molécules qui pourraient être sources de déviances aromatiques dans le vin. Le TCA n’est pas notre seule cible : une récente étude menée par les équipes du professeur Denis Dubourdieu à l’Institut Supérieur de la Vigne et du Vin ont identifié 30 molécules responsables de déviances apportées par le bouchon de liège : notre carbone supercritique ne nettoie pas que le TCA ! ».

« Il nous faut des granules de liège de bonne qualité, riches en cette substance élastique du liège, la subérine, que nous recherchons pour la résilience de nos bouchons. Nous mélangeons la subérine avec des microsphères et un liant étudié pour le contact alimentaire et nous moulons cette pâte homogène et souple », explique Christophe Loisel, Directeur Recherche & Développement de Diam Bouchage. L’homogénéité est un autre avantage par rapport aux bouchons de liège pris d’un bloc dans l’écorce du chêne, qui peuvent cacher des différences de densité et de porosité à l’oxygène.
Ca ressemble à un bouchon de liège, ça a le toucher d’un bouchon de liège…
… et c’est un bouchon de liège ! « L’aspect du bouchon n’est pas un problème pour le consommateur. Ce qui est un réel avantage par rapport à la concurrence des capsules à vis mais aussi des bouchons synthétiques », rappelle Bruno de Saizieu.

Les professionnels y croient, les ventes de Diam progressent chaque année. Le bouchon Diam Mytik été créé pour les effervescents et fait l’objet d’un partenariat avec l’interprofession des vins de Champagne. Et pour les vins tranquilles, l’entreprise travaille sur des bouchons adaptés à une garde de plus en plus longue pour poursuivre sa montée en gamme. « En principe, les vignerons nous testent sur les vins blancs, à rotation plus rapide. Sur ces vins, l’absence de la moindre déviance aromatique est d’autant plus perceptible et les producteurs nous adoptent rapidement pour l’ensemble de leur gamme », précise Bruno de Saizieu, qui conclue : « quand on tombe sur un vin bouchonné, on sait que c’est le bouchon qui est responsable. Ce qui est plus insidieux et plus dangereux pour le vigneron c’est la très légère contamination qui donne une impression de pas net que l’on attribue au vin. Le bouchon DIAM est bien plus qu’un « bouchon sans goût de bouchon », c’est un bouchon de liège qui garantit de façon homogène le respect de l’intégrité du vin.»