Le négociant bordelais organisait cette semaine une grande dégustation à Paris pour présenter les cuvées de certains domaines iconiques de la planète vins. Retour sur un moment rare.

Seul un acteur de la taille et de la puissance de Duclot peut réussir à réunir en un même lieu des hommes et des femmes du vin présidant à la destinée de mythes ayant pour noms Vérité en Sonoma Valley et Cardinale en Napa Valley (Californie), Solaia, Masseto et Ornellaia (Toscane) mais aussi Almaviva à Puente Alto (Chili). Sans oublier le français de l’étape, le château de Beaucastel qui présentait pour l’occasion sa cuvée de prestige « Hommage à Jacques Perrin ».

Tous ces grands vins du monde sont également proposés à la vente pour les professionnels jusqu’au 6 octobre 2017 mais mieux vaut avoir un portefeuille bien rempli car leurs prix atteignent parfois des sommets (500€ HT dans le cas du Masseto 2013). L’intérêt de l’offre de Duclot réside aussi dans le fait de proposer généralement deux millésimes différents, un récent et un plus à maturité. Solaia 2014 (145€ HT) dévoile ainsi toute la fougue de sa jeunesse, pleine de fruits noirs (cassis, myrtille) et de tannins fins mais bien présents. Le tout sans jamais tomber dans la lourdeur grâce à l’altitude (les vignes sont plantées à 400 mètres). Une bouteille qui se goûte très bien aujourd’hui, tout comme le 2008 (145€ HT) qui était pourtant plus austère dans sa jeunesse. Plus généralement, les « super toscans » étaient en nombre avec la présence de Masseto et Ornellaia. Ce dernier affichait sur le millésime 2013 (110€ HT) beaucoup de finesse et d’élégance. Une race déjà perceptible dans les cuvées plus simples (et accessibles) du domaine. Le Volte Dell’Ornellaia (12€ HT) 2014 déploie des tannins bien fondus quand le Serre Nuove Dell’Ornellaia (26€ HT) joue crescendo sur une mâche dense mais fine enrobée de pointes chocolatée mêlée à des fruits noirs bien mûrs.

Des vins peu distribués en France

Que les amateurs de vins rares se réjouissent. Les deux domaines américains mythiques présents n’ont pas failli à leur réputation. C’est surtout le domaine Vérité qui a fait sensation. Pierre Seillan (photo ci-dessous) qui a exporté une partie de son savoir-faire bordelais dans cette partie somptueuse de Californie continue, millésime après millésime, de produire des vins de très grande classe aux profils bien tranchés. Ici, trois cuvées livrent trois versions complémentaires dont les assemblages sont d’inspiration évidemment girondine.

« La muse » 2013 (270€ HT) est une version entière et gourmande du merlot. Un vin d’une énergie rare qui se bonifiera encore longtemps. Un constat que l’on peut également faire pour les deux autres vins. Tout d’abord « la joie » 2013 (270€ HT) dont la souplesse de tannins ainsi que l’équilibre souverain impressionnent. Puis « le désir » 2013 (270€ HT) dominé par 62% de cabernet-franc lui apportant une grande énergie et une forte personnalité. Rares sont ces occasions où il est possible de découvrir des pépites issues des vignobles étrangers. Les chanceux qui pourront acquérir certaines de ces bouteilles pourront vérifier que de grands vins naissent dans tous les principaux pays producteurs et pas seulement dans nos chers vignobles hexagonaux.