De A comme Altenberg à Z pour Zotzenberg, les grands crus d’Alsace savent écrire une belle histoire de terroirs. Ils la racontent aujourd’hui, avec leur mosaïque de sols, d’expositions et de microclimats : des vins de gastronomie au potentiel de garde supérieur à dix ans.

Moins connus que leurs équivalents bourguignons, même s’ils sont souvent d’un âge aussi honorable, les grands crus d’Alsace sont les pépites – de 3 à 80 ha – qui essaiment le vignoble depuis le Steinklotz de Marlenheim au nord jusqu’au Rangen de Thann à l’extrême sud. Ils sont traditionnellement issus d’un des quatre cépages « nobles » : riesling, muscat, gewurztraminer et pinot gris, mais dernièrement, autorisation a été donnée d’assembler (Altenberg de Bergheim et Kaefferkopf) ou d’inclure le sylvaner (Zotzenberg).

Si les 51 grands crus d’Alsace fêtent cette année leurs 40 ans, il faut préciser qu’ils sont à la fois beaucoup plus vieux et beaucoup plus jeunes. La réputation de certaines parcelles est en effet attestée avant le 10è siècle. Et la notion de grand cru apparaît dès l’ordonnance de 1945 qui donne l’appellation à l’Alsace. Le seul problème est qu’à ce moment, seul un degré potentiel supérieur à 12% distinguait le grand cru. Il faudra attendre 1975 pour que la relation entre le nom, la qualité du terroir et la façon de le travailler fasse son apparition. Les vignerons de Kaysersberg furent les seuls à se mettre tout de suite d’accord pour rendre honneur à leur terroir du Schlossberg en délimitant sa surface, en affinant leur travail et en réduisant les rendements. Une première vague de 24 lieux-dit grands crus fut reconnue en 1982, une deuxième de 25 en 1993. Kaefferkopf à Ammerschwihr est le dernier à avoir rejoint la famille en 2007. Famille réduite qui ne dépasse pas 4% de la production.

Crédit photo : Didier Jean

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