(photo : Donatelle Liens)
(photo : Donatelle Liens)

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet 2015, les climats de Bourgogne demeurent néanmoins un mystère pour nombre d’amateurs de vins. La sixième et dernière Master Class de ce Lyon Tasting, animée par Rodolphe Wartel, directeur de « Terre de vins », a offert de lever le voile sur cet emblème bourguignon.

« La Bourgogne, c’est comme une chanson de Brassens, toute en octaves et demie-octaves, toute en subtilité, on n’y rentre pas comme dans un moulin. » Avec cette analogie musicale, Dominique Lambry, du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, a le mérite de faire sourire l’auditoire mais surtout d’illustrer efficacement la complexité des climats, « cette expression ultime du terroir ».

De Dijon à Santenay, on compte 1 247 de ces petits territoires de vignes, combinaisons subtiles entre cépages, savoir-faire humain et milieu naturel (sol, topographie, microclimat)… Si le terme est apparu au XVe siècle, ce n’est réellement qu’à partir du XVIIIe qu’il deviendra un « outil marketing » avant l’heure, utilisé d’abord par les vins les plus prestigieux. Apparaissent alors des noms de climats, dont certains particulièrement savoureux, et que n’aurait justement pas reniés Brassens : Tonton Marcel, Les Pucelles, Redrescul, Vide-Bourse (on parle bien ici de bourse financière…)

Après l’introduction théorique de Dominique Lambry, véritable encyclopédie des vins de Bourgogne, place à la dégustation en trois services, sous la houlette de Gérard Basset – meilleur sommelier du monde –, et Sylvie Tonnaire – rédacteur en chef de « Terre de vins » –, afin d’observer, au nez et en bouche, les caractéristiques de six climats.

Introduction en blanc avec deux chablis de même millésime mais d’orientation différente : Côte de Léchet 2014 (un nez enlevé, florale et mentholé, pour une bouche nerveuse et tonique sur une finale en fraîcheur) suivi d’un Mont de Milieu 2014 (nez de fruits à noyau et notes iodées, sur une bouche mielleuse et une finale épicée). Deux vins qui vieilliront très bien.

Deuxième étape en rouge : Les Bois Gautiers 2015 (un vin gourmand et puissant, à la texture soyeuse, sur les fruits noirs ; idéal pour une cuisine juteuse) puis Le Petit Prétan 2015 (sur la cerise et la myrtille, légèrement épicé, parfait pour un gibier ou une cuisine forestière).

Pour terminer, deux ladoix : Les Corvées 2014 (notes de fraises sauvages et touche animale, pour une texture veloutée ; un vin taillé pour la table) et Le Clou d’orge 2014 (un vin plus long et plus soyeux, riche en arôme floraux).

Cette dernière Master Class de Lyon Tasting aura permis de dissiper les premières brumes flottant autour des climats de Bourgogne. Pour les participants, il reste désormais à déguster les 1241 climats restants… On a connu pire exercice.