(photo P. Martinez)
(photo P. Martinez)

Ils ne sont pas nombreux les domaines côté Bouches-du-Rhône à l’extrême ouest de l’appellation des Côtes de Provence. Sur le terroir argilo-calcaire de Roquefort-la-Bédoule, entre la Couronne de Charlemagne et le massif de la Sainte-Baume, on retrouve la cave coopérative de Roquefort, le renommé Château de Roquefort de Raymond de Villeneuve, certifié bio depuis une dizaine d’années, et le Château Barbanau repris en 1989 par l’arrière-petite-fille d’Emile Bodin et certifié bio et désormais Biodyvin. Rencontre avec les Cerciello-Simonini.

Sophie et Didier Cerciello-Simonini sont en fait à la tête de deux domaines, Barbanau en Côtes-de-Provence et Le Clos Val Bruyère en Cassis. Une renaissance à partir des 4 hectares de Sophie qui n’est autre que l’arrière-petite-fille d’Émile Bodin, le fondateur de l’appellation Cassis, l’une des premières AOC promulguée en France en 1936. C’est son aïeul qui avait entouré la parcelle à la bourguignonne, à la fin du 19ème, et à la reprise du vignoble en 1989, les Cerciello, parents et fille, avaient grignoté dans la colline pour rebâtir des restanques. Le vignoble cassidéen, désormais de 7,5 ha en perpétuelle restructuration, produit exclusivement des blancs. Sophie qui avait du repartir sur les bancs de l’école après des études de marketing et l’ouverture d’un magasin de sports, s’était lancé dans un vrai challenge. « Pour que l’installation soit viable, nous avons racheté dans la foulée les 23 hectares du château Barbanau autour d’une vieille bastide à l’abandon depuis les années 60 et dont les raisins partaient à l’époque à la coopérative » raconte Sophie, rejoint une dizaine d’années plus tard par son œnologue de mari, Didier Simonini.

La biodynamie, ce n’est pas peigner la girafe

Le domaine de Barbanau, à 360 m d’altitude, est niché dans un cirque calcaire au pied des falaises de Roquefort-la-Bédoule, à quelques rangs de vignes des calanques de Cassis. Il produit sur 23 hectares 50% de vin rosé, 40% de rouge et 10% de blanc, quasiment en totalité vinifiés en levures indigènes (« hormis les premières cuves par sécurité »). Barbanau vient de s’agrandir de 2 hectares en fermage à Roquefort-la-Bédoule qui ont été replantés en grenache. Il produit la gamme L’Instant, facile et fruitée en Côtes-de-Provence dans les trois couleurs à partir de syrah, grenache, cinsault, mourvèdre, rolle, la Girafe Verte en Côtes-de-Provence, en bouteille légère éco-responsable, et Et Cae-Terra, sélection parcellaire de grenache-syrah en rouge et rosé. Le couple passionné de voyages et d’Afrique australe, l’une de photographie animalière, l’autre d’ornithologie, a opté pour des noms exotiques de cuvées, notamment Kalahari du nom de l’ânesse, mascotte du domaine, et du désert du Botswana, qui a fait parler d’elle à son lancement il y a près d’une vingtaine d’années. « Nous étions les premiers à faire une cuvée parcellaire haut de gamme en AOC Cassis, un assemblage de sauvignon, marsanne et clairette fermenté et élevé un an sous bois, explique Didier Simonini. Ça n’a pas plus à tout le monde – il faut savoir l’attendre pour la déguster- mais ça a fait bouger les lignes dans l’appellation ». Sophie et Didier se disent « en bio par conviction et par passion ». Préoccupés de biodiversité, ils n’utilisent plus de produits chimiques dans les vignes depuis 1995, sont certifiés bio depuis 2008, vegan depuis quatre ans, « surtout pour plaire à notre fille » et en biodynamie depuis 2018. « Au début, on ne comprenait pas tout et beaucoup de choses nous effrayaient, reconnait Didier. L’évolution s’est faite en douceur mais la plus belle récompense a été la validation de notre entrée l’an dernier dans le club très fermé de Biodyvin ».

Stand B1-172

www.chateau-barbanau.com/fr