Onze jours après le violent orage de grêle qui a touché Malepère et l’ouest du Minervois le 6 juillet dernier, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll est venu sur place, à Malepère et la Redorte, rencontrer les responsables de la région, du département et de la filière, afin de se rendre compte des dommages et de dévoiler les mesures de soutien qui seront mises en œuvre.

Exonérations de charges sociales, allègement des cotisations MSA, exonération des taxes foncières, l’Etat assumera sa part. Et plutôt que de classer la région catastrophe naturelle, le ministre a indiqué que l’indemnisation des dommages causés sur le long terme relevait davantage du régime de la calamité agricole : les impacts de grêlons ont abîmé les souches au point d’anéantir la vendange 2014 mais aussi de peser sur la moitié du potentiel de récolte 2015 et une mortalité pure et simple des vignes n’est pas à exclure. Les vignerons sont évidemment concernés au premier chef, mais les pépiniéristes, très présents sur la zone, ne devront pas être oubliés, non plus que l’ensemble des agriculteurs. Le classement en zone de calamité agricole permettrait d’indemniser les dommages de long terme subis à hauteur de 30 %

De son côté, la région compte mettre en place des prêts bonifiés pour accompagner les producteurs en panne de trésorerie.

La visite de Stéphane Le Foll a été l’occasion pour le ministre de saluer le travail accompli sur place par les professionnels et notamment ceux de la Chambre d’Agriculture de l’Aude. Il a également confirmé le constat que les événements climatiques inhabituels sont toujours plus fréquents et violents et que, dans ce cadre, les métiers de l’agriculture sont soumis à un aléa climatique difficilement tenable pour les exploitations. D’où la réforme de l’assurance-récolte, lancée en novembre 2013 par le Ministre et qui a abouti le 10 juillet dernier à la présentation d’un nouveau fonctionnement, avec un contrat-socle qui indemnisera les pertes des coûts d’exploitation engagés sur une récolte perdue (mais pas le manque à gagner en chiffre d’affaire, qui pourra faire l’objet d’une couverture complémentaire) depuis un fonds d’indemnisation financé par l’Etat à hauteur de 100 Millions d’euros par an.

Fatalistes, les vignerons de la cave de la Redorte, où avait lieu la conférence de presse, savent que les mesures de long terme ne les aideront pas à faire face aux deux vendanges à venir qui vont être particulièrement maigres. La possibilité d’acheter des vendanges ailleurs pour les domaines dévastés ne sauvera pas tout, particulièrement pour les producteurs d’AOP qui ne pourront embouteiller le fruit de vendanges achetées au nom du domaine. Pour les IGP et les vins sans IG le régime sera plus souple et permettra de maintenir un fonds de roulement et de ne pas perdre trop de parts de marchés. Quant aux autres mesures de court terme, en particulier les diverses exonérations, elles ont laissé sceptiques une partie des vignerons qui se souviennent qu’un épisode de grêle dans l’est audois l’an dernier avait vu 1 % seulement des vignerons grêlés bénéficier de ces exonérations tant les critères d’attribution étaient sévères. « Ce ne sera pas le cas ici », a assuré Stéphane Le Foll.

En photo : Stéphane Le Foll lors de la conférence de presse à la cave de La Redorte, entouré de Louis Le Franc, préfet de l’Aude (à gauche) et Christian Bourquin, président de la région Languedoc-Roussillon (à droite).