Mitigé, tel est le sentiment des présidents d’appellation Philippe Durand-Teyssier (Lalande de Pomerol) et Jean-François Quenin (Saint-Emilion) quelques jours après l’annonce de la prise de participation de François Pinault dans trois propriétés de la rive droite.

« François Pinault a les moyens de développer ces propriétés, mais j’espère qu’il conservera leur âme ». Ce sentiment mitigé entre espoir et prudence, c’est celui de Philippe Durand-Teyssier (président du syndicat viticole de Lalande de Pomerol et propriétaire du château Viaud-Lalande). Un ressenti partagé par Jean-François Quenin (président du conseil des vins de Saint-Emilion et propriétaire du château de Pressac) quelques jours après l’annonce de l’investissement de François Pinault dans trois propriétés de la rive droite (château Vray Croix de Gay en AOC Pomerol, château Le Prieuré, Grand cru classé en AOC Saint-Emilion et château Siaurac en AOC Lalande de Pomerol).

« C’est toujours dommage et triste quand un tel patrimoine ne peut pas rester dans le giron familial », regrette Jean-François Quenin à propos du château Le Prieuré. Et Philippe Durand-Teyssier d’ajouter à propos du château Siaurac : « J’espère que François Pinault saura rester dans la simplicité, à l’image de ce qui a été fait jusqu’à présent sur ces propriétés. »

Mais loin de se cantonner à ces sentiments, les deux présidents voient aussi le bénéfice que les terroirs de la rive droite peuvent retirer de l’arrivée de François Pinault. « Il amène des moyens pour développer la propriété et l’appellation. Que ce soit par l’amélioration de l’outil de production ou par son impact sur la promotion et la distribution, il a une véritable force de frappe », explique Jean-François Quenin. « Le château Siaurac va rayonner différemment, et toute les propriétés de l’appellation en bénéficieront » confirme Philippe Durand-Teyssier.

Une chose est sûre, quelle que soit la réaction que l’investissement de François Pinault provoque, il ne laisse pas indifférent.

Laura Bernaulte