Un style ou des styles pour ce millésime dans le Médoc ? La réponse de Christophe Coupez, directeur du centre œnologique de Pauillac, émanation de la Chambre d’agriculture de la Gironde, qui conseille principalement des châteaux sur les huit appellations médocaines.

« Je dirais plutôt un style. Au niveau des bases, le millésime est assez homogène. Les différences éventuelles viendront plutôt des modalités d’élevage choisies par chaque producteur », affirme Christophe Coupez. Et de détailler : « on a eu une maturation quasi-parfaite, sans frein ni facteur limitant ou stressant pour la vigne, avec à la clé des profils aromatiques assez inédits, avec de belles complexités aromatiques, notamment sur les cabernets sauvignons. Il y a aussi une grosse richesse en sucres, avec des niveaux d’alcool un peu plus élevés qu’en moyenne, mais une jolie acidité qui contrebalance et fait qu’on ne sent pas la dominante alcooleuse. Dans notre secteur cette année, il y a également dans les assemblages des proportions un peu plus importantes de petit verdot que d’habitude, sûrement du fait de la petite taille des baies de cabernet » expose l’œnologue. Finalement, « ce 2018 est un peu le compromis entre l’ouverture aromatique et le plaisir immédiat de 2009, et le bel équilibre de 2010. Sur l’expression aromatique, on a des choses très abouties, mûres, solaires, des vins qui se livrent assez facilement, comme en 2009. Mais ce millésime fait aussi penser à des 2010, 2016, ou 2005, très riches à tous les points de vue, avec notamment de grosses acidités. En résumé, en 2018, les vins sont très riches, avec une grosse couleur est une grosse structure tannique, mais des tanins très moelleux, avec très peu d’agressivité. Globalement ça frôle quand même la perfection ! »