Suite à la tragique fusillade de mercredi qui a coûté la vie à douze personnes, des millions de Français ont rendu hommage aux membres de la rédaction de « Charlie Hebdo » tombés sous les balles. Parmi eux, Gérard Descrambe, viticulteur bordelais et ami des dessinateurs.

« Ce qui s’est passé n’a ni queue ni tête. Ils veulent quoi les mecs qui ont tiré ? Dévisser le monde ? » Ce sont les mots de Gérard Descrambe, propriétaire du château Barrail-des-Graves (Saint-Émilion), rapportés par nos confrères du journal Sud-Ouest. Ce viticulteur de la rive droite de Bordeaux (Saint-Sulpice-de-Faleyrens) entretenait depuis plusieurs décennies des relations d’amitié avec les dessinateurs de « Hara-Kiri », puis de « Charlie Hebdo », victimes d’un tragique attentat mercredi dernier, qui a choqué la France entière. « Wolinski, je le connaissais depuis plus de quarante ans. Mais je suis aussi devenu ami avec les plus jeunes, comme Tignous. Il avait quatre enfants. Le plus jeune a cinq ans. […] Lorsque j’allais à Paris je n’assistais pas aux réunions de rédaction le mercredi matin. J’étais là pour l’après-réunion, à La Bièvre, rue Maubert ».

A la tête de ce domaine familial converti au bio depuis 1954, Gérard Descrambe a noué dès les années 1970 des liens d’amitié avec quelques-unes des figures emblématiques de la « génération Charlie » : au fil des millésimes, Reiser, Wolinski, Cavanna ou encore Vuillemin et Charb ont ainsi signé les étiquettes de ses bouteilles de vin. Le vigneron, qui a perdu de proches amis dans cette tragédie, racontait cette belle aventure dans cette vidéo réalisée par La Contre Etiquette.


Gérard Descrambes-Château Barrail des Graves… par contreetiquette

Source : Sud-Ouest / Jean-Pierre Tamisier