On déclare la chasse aux œufs ouverte ! Pendant le week-end de Pâques, se retrouver en famille et se régaler de bonnes gourmandises est une tradition ancrée chez les Français. Lorsqu’on sait que pendant trois jours, 15 000 tonnes de chocolat vont être consommées, ça frise l’indigestion.

Pourtant, manger un bon chocolat, c’est comme boire un bon verre de vin (avec modération, cela va sans dire) : un plaisir inouï de goûter un produit unique issu d’un terroir de culture spécifique et travaillé selon des méthodes et des recettes aussi nombreuses que variées. Les ADN du chocolat et du vin ne sont finalement pas si différents. Qu’il soit travaillé très pur et très noir, plus ou moins torréfié, ou agrémenté de fruits secs, de pralins, de fourrages au fruits, ou encore d’épices, le chocolat possède une palette aromatique du chocolat infinie…

Voici trois belles cuvées sélectionnées pour vous, pour accompagner vos douceurs de Pâques. Un fil commun néanmoins : elles sont toutes les trois issues d’un travail d’artisans et sont certifiées bio. Critères qu’on ne saurait que trop vous conseiller également dans l’achat de vos délicieux chocolats. Joyeuses Pâques !

Le bordelais chic-choc
Canon Saint-Michel 2011 (14 €), Vignobles Millaire, Canon-Fronsac
Sur la rive droite de la Garonne, Christine et Jean-Yves Millaire travaillent leurs vignes de Canon-Fronsac avec brio depuis 1998. Leurs vignes de merlot, cabernets (franc et sauvignon) et de Malbec font des millésimes qui se suivent mais qui ne se ressemblent pas. Le 2011, après avoir laissé passer quelques années en bouteille, s’exprime avec grande classe, tanins affinés, un fruit toujours croquant, son lot d’épices et une grande fraîcheur.
On l’aime avec un chocolat très noir (au moins 70 % de cacao), peu de sucre et bien torréfié. Si on y ajoute quelques éclats d’amandes grillées et une pointe de fleur de sel ? Cela fera un malheur. Ce rouge ira aussi très bien avec le gigot d’agneau pascal, voilà une cuvée qui fait la paire !

Le gourmand gaillacois, douceur
Renaissance 2014 Vendanges tardives (50 cl, 14,70 €), Domaine Rotier, Gaillac
À Gaillac, une des traditions, c’est ce « Len de l’el » (entendez « Loin de l’oeil ») ramassé en plusieurs fois à la fin des vendanges, pour faire un vin de dessert. La tradition, c’est important pour Alain Rotier et Francis Marre, la précision de travail l’est encore plus. Récoltés au bon moment, et vinifiés avec douceur, les raisins permettent d’élaborer un vin blanc moelleux, frais, fruité, et sans lourdeur.
S’il ne faut surtout pas lui ajouter trop de sucre, son caractère aromatique bien trempé trouvera assurément chocolat à son pied. Plutôt doux, comme un bon chocolat au lait (agrémenté d’éclats de pistache, de noisettes, de fruits secs), des chocolats fourrés à la poire, ou un chocolat plus épicé comme une truffe chocolat noir-piment, les accords Renaissance-chocolat feront des gourmands heureux.

Le méditatif du Roussillon, tout chocolat
Reserva (18 €), Domaine de la Tour Vieille, Banyuls
C’est dans ces vignes abruptes ancestrales avec vue sur mer qu’on imagine une grande chasse à l’œuf de Pâques, tellement le décor est somptueux. Grenaches (noir, gris complantés ensemble) et un peu de carignan, ces raisins du soleil réalisent en partie leur fermentation avant d’être « mutés » : on y ajoute de l’alcool pour tuer les levures restantes et garder les sucres naturels des fruits. Vieilli au moins 6 ans en fût et en dame-jeannes avant d’être mis en bouteille, le vin a le temps de méditer et d’extraire ses arômes gourmands, de s’oxyder légèrement en contact avec l’oxygène (arômes torréfiés ), doucement, lentement.
Les banyuls sont de grands vins de desserts. Et avec le chocolat, les noces sont parfaites. Avec ce vin doux, chocolat feuillantine, pralins au café, nougatine, chocolat aux grains de riz soufflés, ou à l’orange, chocolat aux épices douces, votre chocolat sera le sien. Ou choisissez simplement un carré noir de chocolat grand cru, seul, en toute sobriété, une merveille.