Projet original et convivial, soutenu par une campagne de financement participatif, Vinocircus se présente comme une cantine œnologique itinérante. Un « food & wine truck » mettant à l’honneur les vins du Pic Saint-Loup. Ouverture prévue en février.

Le financement participatif a le vent en poupe dans le monde du vin. Après Christelle et Michaël Barthes, dans le Minervois, ou encore Saskia van der Horst, jeune viticultrice installée dans les Pyrénées-Orientales, qui ont en commun d’avoir eu recours à MyMajorCompany pour échafauder leur projet, c’est au tour de Julia Leclerc, 28 ans, de s’appuyer sur le site Reservoir Funds pour développer son entreprise Vinocircus.

C’est quoi au juste, Vinocircus ? Une « cantine œnologique » itinérante, un « food and wine truck » dédié aux vins du Pic Saint-Loup, et destiné à tourner sur Montpellier et sa région. Julia Leclerc nous raconte : « je suis une autodidacte du vin. J’ai fait une école du commerce, puis j’ai travaillé en Chine. C’est là-bas que je suis « tombée dans le vin », que j’ai découvert son importance, son rayonnement, sa place dans notre culture française, et que j’ai décidé de créer ma propre activité autour du vin ». Autour des vins de sa région, en particulier : ayant grandi dans le vignoble d’Assas, Julia voulait particulièrement œuvrer pour les pics-saint-loup, « des vins qui font preuve d’un grand dynamisme, qui méritent vraiment d’être mieux connus. C’est une région magnifique, où tout est encore à faire en termes d’identité, de communication ».

D’où son idée, il y a deux ans, de créer une structure associative organisant des événements oeno-culturels (vin et théâtre, vin et cinéma, vin et musique, randonnées…) autour du Pic Saint-Loup : une quinzaine d’événements publics et une douzaine d’événements privés qui ont convaincu Julia qu’il y avait encore d’autres idées à développer, « pour un œnotourisme culturel, convivial, familial et accessible ». De fil en aiguille, cette structure a évolué vers un autre projet : un « bar à vins mobile » dans un fourgon Citroën H, proposant de la restauration le midi en semaine sur Montpellier, et de l’événement privé le soir et le week-end. « L’idée, précise Julia Leclerc, c’est de proposer des vins de Pic Saint-Loup à prix raisonnable, de la cuisine maison, de démocratiser le bon, le beau, le pas cher ». L’entreprise se double, en plus, d’une dimension participative, puisque Julia a lancé une opération de parrainage en ligne sur Reservoir Funds, récemment prolongée jusqu’à fin décembre. « J’ai besoin d’atteindre 10 000 € de financement participatif, j’en suis actuellement à 4000 », précise Julia, qui insiste sur l’importance de rendre ses futurs clients « acteurs du projet, pour qu’ils choisissent le genre d’entreprise qu’ils veulent voir se développer dans leur région ».

Côté cuisine, Julia prévoit du « simple mais bon », intégralement fait maison. Chaque jour, deux entrées, deux plats (toujours un choix végétarien), deux desserts, des tapas, et quelques grignotages sur le pouce, comme des œufs durs « revisités ». La formule est à 10 €, 13 € avec un verre de vin. Du Pic Saint-Loup bien sûr, venu du Domaine Clavel, du Domaine Le Chemin des Rêves – deux autres propriétés en attente. Le verre est proposé à 3 €, la bouteille au prix propriété (avec un droit de bouchon), avec possibilité d’emporter. Des vins choisis « au coup de cœur », pour le « côté humain » des vignerons, mais aussi pour leur capacité à refléter toutes les facettes du vignoble. Chaque mois, un coup de projecteur sera donné sur un vigneron en particulier.

Prochaine étape pour Vinocircus ? D’abord attendre la fin de la campagne de financement participatif. Ensuite, en janvier, aménagement et bricolage du camion (déniché auprès d’un collectionneur de l’Aude) ; en février, les démarches administratives, pour une ouverture normalement prévue fin février. Un aboutissement pour un projet de longue haleine, qui présente le double intérêt de présenter un mode de financement original, et une approche novatrice de la promotion du vin.

Mathieu Doumenge