Le Rangen de Thann,  grand cru favorable aux vendanges tardives. Photo I.Bachelard.
Le Rangen de Thann, grand cru favorable aux vendanges tardives. Photo I.Bachelard.

En Alsace, les vendanges tardives se terminent. On y retrouve la qualité annoncée du millésime 2015. Le style des vins est marqué par la surmaturité et la concentration plus que par le botrytis.

Du 2 septembre à un des ces jours de novembre, la vendange alsacienne est sans doute la plus longue de France. Avec la belle arrière saison de 2015, les vendanges tardives, qui permettent de faire les vins qui porteront légalement la mention « vendanges tardives » (VT) se sont déroulées dans d’excellentes conditions. Dès début octobre, les cépages pinot gris et riesling ont souvent atteint les degrés suffisants, avec un mélange de raisins surmûrs et de raisins atteints de pourriture noble. Il a fallu encore attendre pour le gewurztraminer, car il a la peau plus épaisse. « Les raisins étaient tellement sains, presque trop, la pourriture noble ne se développait pas », explique Laure Adam, du domaine Adam à Ammerschwihr, qui a patienté jusqu’au 3 novembre pour rentrer sa VT, vendange tardive issue du grand cru Kaefferkopf. Comme la plupart des Alsaciens, elle ne fera pas de SGN, sélection de grains nobles car « il faut que le SGN reste exceptionnel ».

Au domaine Schoffit, qui avait quasiment terminé sa récolte le 15 octobre sur le grand cru Rangen de Thann, Alexandre Schoffit explique que « la proportion de grains atteints de pourriture noble nous convient, il y a de très belles concentrations, surtout en passerillage, comme sur l’ensemble de l’Alsace, pour faire des VT de bon calibre. Pour faire une vraie SGN, on a manqué un peu d’humidité ».

Même si les volumes sont peu importants, ces VT ont le mérite d’exister. Chez Jean Becker à Zellenberg, les volumes des trois dernières années étaient faibles. Au domaine Weinbach de Kaysersbgerg, il n’y en avait pas eu du tout en 2014. Catherine Faller se réjouit d’avoir rentré au 6 novembre ses grands crus VT, pinot gris Schlossberg et gewurztraminer Mambourg.

Dans le micro climat du Vorbourg à Pfaffenheim, la famille Muré a été récompensée de sa patience. Le 6 novembre, elle a trié et trié. Résultat : 330 litres de SGN en gewurztraminer au potentiel dynamite de 26 degrés. Dans la même commune, les vignerons de la cave coopérative prévoient de ramasser leurs derniers 3 hectares … le 16 novembre. Un pari louable.

Ci-dessous : Véronique Muré dans le grand cru Vorbourg, une des rares SGN du millésime 2015. Photo I.Bachelard.