(photo Rodolphe Escher)
(photo Rodolphe Escher)

Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, créateur du mouvement « En Marche ! » et ex-ministre de l’Économie, est aussi un amateur de vin. Ce météore politique de 39 ans, qui pourrait bien créer la surprise en avril-mai dans les urnes, s’est plié à l’exercice de l’interview et… de la dégustation lors d’un récent passage à Bordeaux.

Lorsqu’il s’agit de défendre le vin, les hommes politiques français prennent toujours beaucoup de précautions. Bien que la filière représente un pan majeur de la culture française, de sa gastronomie et de son économie (deuxième pôle d’exportation), santé publique oblige, la prise de parole autour du vin relève toujours d’une épreuve d’équilibriste. Emmanuel Macron ne semble pas s’en soucier. Le candidat à l’élection présidentielle aime le vin, et il ne s’en cache pas. Et il est prêt à le défendre. Les vignerons le savent, malgré l’opposition ferme de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, la loi Macron leur a apporté une avancée importante : l’assouplissement de la loi Evin. Une mesure essentielle pour faciliter la communication autour de l’œnotourisme.

« Pas de Lafite tous les midis »

Lors d’un récent passage à Bordeaux pour rencontrer les acteurs de la filière, Emmanuel Macron s’est prêté au jeu de l’interview auprès de Rodolphe Wartel, directeur de « Terre de Vins », et Jefferson Desport, journaliste politique au quotidien « Sud-Ouest ». Il y aborde un vaste éventail de sujets, à commencer par ses souvenirs d’enfance : « J’ai été élevé par mes grands-parents qui avaient cette formule : ‘Le vin rouge est un antioxydant’. Il n’y avait pas de caractère culpabilisant ». Bien que natif d’Amiens, une région pas vraiment connue pour ses vignes, il a grandi dans une famille où l’on trouvé « un certain nombre de bouteilles à la cave » et a pu, par la suite, parfaire ses connaissances, notamment lors de son passage à la Banque Rothschild : « j’ai eu l’occasion de former mon palais, même si je ne buvais pas du Lafite tous les midis, malheureusement ! »

Le bio et la culture à la française

Au fil de l’entretien, l’ex-ministre de l’Économie aborde notamment la question sensible des pesticides, affirmant que « la réponse aux pesticides ne passe pas uniquement par le bio mais aussi par l’innovation […] Il ne faut pas opposer les techniques conventionnelles au bio ». Des propos qui ne manqueront pas de faire réagir dans le vignoble. Loi Evin, santé, agriculture, consommation responsable, mais aussi plaisirs de la table, Emmanuel Macron n’élude aucun sujet dans cet entretien, à commencer par le volet économique. Pour lui, le vin est « un formidable atout pour le rayonnement de la France ». Et d’ajouter : « la France déçoit quand elle ne met pas les petits plats dans les grands. J’y tenais beaucoup quand j’étais à Bercy. Quand je recevais nos hôtes étrangers, ils s’attendaient à boire du bon vin, un bon champagne, un digestif. Le vin est un ambassadeur. » Confiant dans le potentiel encore grand de cette filière, il conclut en rappelant que « l’économie est une science morale, c’est de la psychologie. Elle comporte une dimension irrationnelle […] Avec le vin, il y a ce petit trésor poétique […] C’est une culture à la française qu’on ne nous prendra pas ».

Vidéos exclusives

En marge de cet entretien, à retrouver en intégralité dans « Terre de Vins » n°46 (cette semaine dans les kiosques), Emmanuel Macron s’est aussi livré dans deux vidéos exclusives.

Tout d’abord en répondant aux questions suivantes :
– Un repas sans vin serait-il un repas un peu triste ?
– Êtes-vous plutôt rouge ou blanc ?
– Quel buveur de vin serez-vous à l’Élysée ?
– Si vous êtes élu, quelle serait votre première mesure pour la filière ?


Emmanuel Macron : ses confidences sur le vin par journalsudouest

Puis en se prêtant au jeu de la dégustation à l’aveugle. Un blanc, un rosé, un rouge, exercice délicat où le candidat dévoile un véritable goût pour le vin.


Emmanuel Macron et le vin : sa dégustation à l… par journalsudouest