(crédit photo : Bordeaux Excellence)
(crédit photo : Bordeaux Excellence)

Le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) a présenté lors de sa conférence de presse annuelle les démarches engagées pour une viticulture durable et plus respectueuse de l’environnement.

Comme chaque année, le CIVB a présenté le bilan de l’année écoulée, notamment en termes commerciaux et fait un point attendu sur la qualité du millésime à venir. Mais la conférence de presse a aussi été l’occasion d’aborder les problématiques centrales qui animent toute la filière et l’engagent pour les années à venir. Dans un contexte où de nombreux reportages télévisuels, documentaires et films ont alerté le public sur les dérives d’une agriculture productiviste et chimique héritée des Trente Glorieuses, le CIVB a tenu cette année à insister sur les efforts considérables engagés depuis plus de 20 ans par le vignoble bordelais pour progresser sur les sujets environnementaux. Loin d’être triomphaliste en la matière, le CIVB a toutefois affiché une détermination réelle à poursuivre les actions initiées et à les intensifier. Le but est de parvenir à un meilleur respect de l’environnement mais également des populations qui sont les premières impactées. A cet effet, le CIVB met à disposition des exploitations depuis 2016 un atlas des zones sensibles visant à alerter les vignerons sur la proximité de populations à risque (crèches, écoles, maisons de retraites, etc.). Des réflexions communes avec les collectivités ont été engagées, des haies sont régulièrement plantées comme barrières naturelles, une meilleure communication commence à se mettre en place (charte de bon voisinage initiée par le syndicat viticole de Blaye par exemple). Il ne s’agit pas ici de se concentrer sur un seul type de viticulture, bio par exemple, mais d’embarquer tout le secteur viticole régional dans une démarche globale. Ces efforts se traduisent très clairement dans les chiffres. 55% du vignoble de Bordeaux est aujourd’hui engagé dans une démarche environnementale (biologique, intégrée ou raisonnée), l’objectif dans les années à venir étant d’intégrer 100% du vignoble.

Réduction des intrants et plan climat 2020

De manière globale, le CIVB joue un rôle moteur pour fédérer les acteurs de la filière. C’est ainsi qu’il a créé dès 2010 un Système de Management Environnemental (SME) qui facilite l’échange de bonnes pratiques environnementales entre entreprises dans le cadre de groupes de travail. 680 d’entre elles sont aujourd’hui engagées dans cette démarche (contre 28 lors du lancement en 2010) ce qui correspond à 50% des volumes produits et 18% des surfaces. Regroupées en association, 145 d’entre elles ont déjà été certifiées ISO 14001. D’importants travaux de recherche sont également engagés chaque année avec plusieurs millions d’euros investis pour identifier les pratiques et outils de demain. Les travaux s’orientent sur des sujets aussi divers que la lutte contre le vers de la grappe par confusion sexuelle ou la mise au point de pulvérisateurs plus efficaces pour limiter les disséminations d’intrants non contrôlées. Ce dernier projet s’inscrit dans l’initiative plus générale lancée par la région Nouvelle-Aquitaine en 2016. Ce « plan pour accélérer la réduction de l’usage des pesticides » est une avancée notoire qui témoigne de la prise de conscience des pouvoirs publics et des acteurs locaux de l’obligation d’agir. Un constat similaire a été tiré sur l’empreinte environnementale globale de la viticulture. Le plan Climat 2020 a ainsi définit des objectifs audacieux de réductions de 20% des gaz à effets de serre produits, de l’énergie et de l’eau utilisées avec, en parallèle, une création de 20% d’énergies renouvelables. Les premiers effets de ce plan se font déjà sentir. Le bilan carbone de la filière réalisé en 2013 (770 000 tonnes équivalent CO2) indique une réduction de 9% par rapport à celui de 2008 (840 000 tonnes). Des chiffres encourageants qui doivent inciter à continuer les efforts entrepris. La prise de conscience des problèmes environnementaux n’est pas nouvelle ou opportuniste à Bordeaux. Le CIVB a réussi à mettre en mouvement toute une filière. Il est désormais plus que jamais nécessaire de poursuivre ces efforts. Par son histoire et sa réputation, Bordeaux se doit de devenir le fer de lance de ce tournant historique pour la viticulture française et mondiale. Il en prend la voie.