(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

Les vendanges de la Winerie Parisienne vont bientôt arriver… à Montreuil. La jeune société qui faisait jusqu’à présent des vins « parisiens » (à partir de l’achat de vins du Bordelais et de Provence) devient, à partir de ce millésime, négociant vinificateur d’un vin à l’assemblage multi-régions.

Julien Bengué et Adrien Pélissié ont fait des études de commerce ensemble, ont monté un club de dégustation à l’université… et se sont perdus de vue, l’un travaillant dans l’innovation (Maddyness), l’autre faisant le tour du monde du vin, notamment en Californie, en Australie, en Afrique du Sud, à Hong Kong… « Plutôt côté Nouveau Monde pour l’ouverture d’esprit après avoir passé cinq ans au Kedge à Bordeaux » précise Adrien. De retour dans l’Hexagone, il travaille pour le concours Réinventer Paris sur un projet de renouveau d’un écosystème artisanal, bière, chocolat et pourquoi pas vin. Les deux compères se recroisent par hasard et se mettent à rêver à un vignoble professionnel et commercial dans les environs de Paris (les vignes actuelles sont considérées comme des espaces verts et ne peuvent s’inscrire que dans un cadre associatif). En attendant de replanter, les deux vignerons en herbe décident de trouver des partenaires pour élaborer leurs premiers vins baptisés Grisant : un blanc (60% sauvignon blanc, 30% sauvignon gris et 10% sémillon), un rouge (80% merlot, 20% cabernet sauvignon) à partir de vins bordelais, et un rosé (50% cinsault, 50% grenache) vinifié chez un producteur provençal.

Négociants vinificateurs et un jour vignerons

Prochaine étape dans quelques jours avec la vinification du prochain millésime : les deux vignerons sans terre ont sélectionné des parcelles et organisé les vendanges qui seront acheminées bientôt vers la capitale dans des cagettes de 10-20 kg transportées en camions réfrigérés. Via leur œnologue et responsable technique – le troisième larron, Julien Brutis, qui a travaillé notamment à l’Angélus, Latour-Martillac et Terra Vecchia en Corse – ils ont récupéré du matériel en Champagne, en Sancerre et même à Saint-Emilion.

Ils vont rentrer en cave syrahs et grenaches de la vallée de l’Agly, en Roussillon, du tannat du Lot & Garonne, merlots et cabernets du Bordelais et cinsaults, grenaches de Provence. Tous ces raisins vont être vinifiés et élevés pendant un an en fûts de chêne (dont un tiers de fûts neufs) avant d’être assemblés. « L’idée est d’élaborer un assemblage inter régions qui n’existe pas ailleurs avec un profil aromatique gourmand, explique Adrien. Nous sommes déjà présents dans les Repaire de Bacchus, chez une dizaine de cavistes indépendants parisiens et dans des lieux atypiques…comme nous ». Les vins sont vendus entre 9 et 15 € dans une belle bouteille ventrue. La première production portait sur 50 000 bouteilles (15 000 de blancs, autant de rouges et 20 000 de rosés) ; la prochaine n’est pas encore définie. Entre-temps, la Winerie Parisienne a déménagé des locaux trop étroits du 11ème, rue de Montreuil, dans un entrepôt de 1200 m2 à Montreuil-sous-Bois. Mais il ne sera plus vinifié et embouteillé à Paris. « C’est le concept qui compte » assure Adrien. La Winerie Parisienne cherche toujours l’endroit où poser ses ceps et réfléchit aux meilleurs cépages à planter sous les cieux franciliens. Mais la première vendange n’aura pas lieu avant 2021.

Portes ouvertes ce week-end dans les locaux de Montreuil 310 boulevard de la Boissière à Montreuil avec visite des chais, dégustations et petit tour en Fenwick.
winerieparisienne.fr