Lundi 18 Mai 2026
Le caveau d’Héraclès ©DR
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Date
18.05.2026
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Première cave coopérative bio de France, leader sur les vins sans sulfites ajoutés et certifiée B Corp depuis 2025, Héraclès poursuit son développement avec l’intégration de la cave des viticulteurs de Vauvert. Une fusion importante qui porte désormais l’ensemble à 1 400 hectares de vignes, avec comme ambition de mutualiser les outils, renforcer l’offre commerciale et de mieux affronter les mutations du marché.
Dans le paysage coopératif gardois, Héraclès occupe une place à part. Installée à Codognan, la cave s’est imposée comme l’un des acteurs majeurs du vin biologique en France, avec une identité très affirmée : du bio, du vrac, de l’innovation, et une longueur d’avance sur les vins sans sulfites ajoutés. « Nous vinifions environ 50 000 hectolitres de vins sans sulfites ajoutés », rappelle Frédéric Saccoman, directeur général d’Héraclès. Sur une production annuelle proche de 95 000 à 100 000 hectolitres, l’engagement est loin d’être marginal. La cave revendique notamment une production importante de rouges sans sulfites, entre 30 000 et 35 000 hectolitres selon les millésimes, auxquels s’ajoutent des blancs et rosés sur ce même segment.
Autre marqueur fort : la certification B Corp, obtenue en 2025. Pour Héraclès, ce label international, qui évalue les performances sociales, sociétales et environnementales des entreprises, ne vient pas couronner une révolution récente, mais plutôt reconnaître un travail engagé au fil du temps. La coopérative revendique une démarche globale, allant de la conduite du vignoble à la responsabilité collective, en passant par l’adaptation aux attentes du marché.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la fusion avec la cave des viticulteurs de Vauvert. Le rapprochement, effectif après près d’un an de travail entre les deux structures, constitue une petite révolution dans le Landerneau local.
Les présidents Jean-Philippe Julien, pour Héraclès, et Olivier Chabrol, président de Vauvert et désormais vice-président d’Héraclès, ont rapidement identifié des synergies possibles entre les deux coopératives. « Ensemble, nous serons plus forts pour affronter les profondes mutations des prochaines années », résument-ils, en évoquant à la fois le dérèglement climatique, l’évolution de la consommation, les tensions internationales ou encore les difficultés à l’export.
Concrètement, la nouvelle entité représente désormais environ 1 400 hectares de vignes, répartis entre le Gard, l’Hérault et les Bouches-du-Rhône, et plus de 100 exploitations. La cave de Vauvert apporte notamment 220 hectares supplémentaires, dont une part déjà conduite en agriculture biologique, pour un volume d’environ 14 000 hectolitres. Elle élargit le terrain de jeu commercial d’Héraclès avec des profils de terroirs complémentaires, notamment autour de l’AOP Costières de Nîmes, en plus des vins de France, IGP Gard, IGP Pont du Gard ou IGP Camargue.
Dès 2026, la mutualisation du matériel, des outils et des volumes doit permettre de mieux maîtriser les coûts de production, dans un moment où la rentabilité reste un enjeu majeur pour de nombreuses exploitations. « C’est un nouveau départ pour Héraclès », souligne la cave, en insistant sur la dimension humaine de cette fusion : plus de 100 exploitations, donc autant d’histoires familiales et d’entreprises agricoles désormais réunies autour d’un projet commun.
Pour Héraclès, l’arrivée de Vauvert est aussi une manière de compléter son offre. « Ils nous apportent des terroirs adaptés à la production de bons et grands rouges concentrés », note Frédéric Saccoman. Un point important alors que la cave a beaucoup travaillé ces dernières années sur l’adaptation de ses profils de vins : rouges plus légers, plus frais, moins alcoolisés, vins orange, bases pour effervescents, cépages résistants ou encore jus destinés aux boissons sans alcool. En trois ans, Héraclès estime avoir fait évoluer près de 20 % de ses volumes, non pas en changeant totalement de vignoble, mais en affinant ses vinifications et ses débouchés.
Cette fusion n’est donc pas seulement une addition d’hectares. Elle raconte aussi une coopérative qui cherche à consolider ses bases tout en restant agile. Face à un marché du vin en pleine recomposition, Héraclès mise sur la taille critique, l’intelligence collective et la complémentarité des terroirs. Un mouvement défensif, certes, dans un contexte économique tendu. Mais aussi offensif, avec l’idée de construire un outil coopératif capable de répondre aux vins que le marché demande aujourd’hui, et à ceux qu’il réclamera demain.

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