Photo Frédérique Hermine.
Photo Frédérique Hermine.

Voilà vingt ans que Bordeaux monte à Paris avec ses blancs pour faire goûter ses vins fruités et floraux, à ne pas oublier sur les crustacés et huîtres de fin d’année. Dégustation du millésime 2015 au Just, nouveau restaurant de fruits de mer dans le 9ème arrondissement.

Le millésime 2015 est plus que prometteur pour les Bordeaux blancs à en juger par le franc sourire de Marc Médeville (Château Fayau), vice-président du syndicat des Bordeaux & Bordeaux Sup’ : « Il va offrir une rondeur agréable après l’excellent 2013 et un 2014 plus éteint. Il faut dire que la qualité des millésimes en blanc est beaucoup plus variable qu’en rouge ». Les vendanges ont été idéales, début septembre, en moyenne 15 jours plus tôt, sans problème sanitaire. Le millésime a bénéficié de beaucoup de soleil, offrant des notes mûres, plus sur les fruits exotiques et moins sur les agrumes. Des vins assez charnus, consensuels et soyeux mais avec un demi degré de plus, déjà prêts en décembre, notamment pour certains élevés sur lies.

Un vin de spécialiste

Les Bordeaux blancs représentent en 2015 environ 500 000 hl (contre 1M hl en 1975), soit 63 millions de bouteilles et 8% de la production totale de vins bordelais. Mais 80% des blancs girondins sont en appellation Bordeaux & Bordeaux Supérieur (le reste principalement en Entre-Deux-Mers et à la marge en Graves, Pessac Léognan, Blaye, Francs-Côtes-de-Bordeaux). Dans les années 1950, les blancs secs pesaient 60% de la production et sont restés majoritaires jusqu’en 1970. « Aujourd’hui, c’est devenu un marché de spécialistes », reconnaît Marc Médeville. Même si quasiment tous les producteurs en font, en moyenne à hauteur de 20%. Dans quelques propriétés comme le Château Turcaud ou Thieuley, ils sont même majoritaires. « Ils se vendent mieux à l’export qu’à Paris où ils sont boudés, regrette Marc Médeville. Et ce malgré un bon rapport qualité-prix entre 5 et 8€ en moyenne. Nos principaux marchés en blanc sont les États-Unis, le Japon, la Russie, l’Allemagne, la Belgique…et la Grande-Bretagne si on ne gagne pas le tournoi des 6 nations ».

De nouveaux cépages

Le sémillon a été majoritaire jusque dans les années 1990, supplanté progressivement par le sauvignon, originaire d’ailleurs du Bordelais, mais le sauvignon gris qui apporte de la rondeur et surtout le colombard pour une pointe de vivacité gagnent du terrain. La muscadelle reste stable. D’autres cépages sont à l’étude tels le gros manseng et le liliorila, croisement de baroque blanc et de chardonnay, « plus résistants aux maladies et mieux adaptés au réchauffement climatique », précise Jonathan Ducourt (Château d’Haurets).

Notre sélection 2014 :
Château Tour de Mirambeau, Château Gayon, Château d’Haurets, Château Lamothe de Haux, Château Turcaud, Château Fayau, Château Marjosse, Château Penin (entre 5 et 9€).