La maison d’Ay vient d’annoncer la sortie du nouveau millésime de l’une de ses cuvées phare, tant en blanc qu’en rosé. Dégustation.

Toute nouvelle sortie d’un millésime est particulièrement attendue par les amateurs de Champagne. Alors quand il s’agit de l’une des grandes cuvées d’une maison aussi prestigieuse que Bollinger, l’attente n’en est que plus grande. Ne ménageons pas inutilement le suspense, ce nouvel opus de la Grande Année est une réussite. Cette cuvée est évidemment marquée par l’identité de la maison. Le pinot noir a toujours tenu le premier rôle et c’est donc sans surprise qu’on le retrouve à hauteur de 70% et 72% dans l’assemblage du blanc (108 €) et du rosé (145 €). La base de ces deux bouteilles est d’ailleurs la même. Le rosé est simplement obtenu e ajoutant un infime pourcentage de la côte aux enfants, 4 hectares en propriété sur Aÿ qui produisent le vin rouge maison en appellation « coteaux champenois » dont la densité aromatique et de couleur permettent d’atteindre une finesse rare. Seuls 6% de vin rouge constituent la trame de ce 2007. Rappelons que cette cuvée n’est mise sur le marché que si le niveau qualitatif du millésime est excellent, ce qui ne saurait être le cas chaque année. En blanc comme en rosé, les dégorgements ont été effectués très récemment, entre juin et août dernier. La date de sortie arrive ainsi plus tôt que d’habitude, un signe supplémentaire de la bonne santé de cette maison dont les ventes sont au beau fixe.

Un futur RD ?

Produire un champagne d’exception implique des règles méticuleuses et strictes. La provenance des raisins est évidemment primordiale. Pour la Grande Année, ce sont plus de 90% de Grands Crus (le reste en Premiers Crus) qui entrent dans l’élaboration du vin. Autre spécificité : les fermentations sont entièrement réalisées en fûts. Gilles Descôtes, le chef de cave, recherche avant tout la micro-oxygénation mais sans apport de boisé. « Nous n’utilisons que des pièces bourguignonnes de 228 litres âgées de 5 à 30 ans pour la fermentation des vins issus des premiers jus. S’ensuit une mise en bouteilles scellées par un bouchon liège et une agrafe ce qui impose des remuages à la main et encore une intervention manuelle pour enlever in fine ce bouchon ». Une attention particulière mais méritée lorsque l’année permet d’atteindre un haut niveau qualitatif. 2007 est de celles-là. On pourrait la rapprocher de 2016, futur grand, ou du mythique 1988, millésime adoré chez Bollinger.

Comparaison n’est peut-être pas raison mais la dégustation de la Grande Année blanc 2007 nous offre un nez envoûtant de fruits jaunes et d’agrumes que l’on retrouve en bouche associés à de fins amers et une impressionnante fraîcheur en finale. Une structure peut-être encore un peu serrée qui appelle un vieillissement prolongé en cave (même si cette bouteille a déjà connu un vieillissement prolongé sur lies de 8 ans). L’équipe de Bollinger n’exclut pas à ce stade un vieillissement encore plus long sur lies afin de proposer dans quelques années un R.D 2007 (pour « récemment dégorgé »). Une prédiction à suivre de près pour voir si elle se confirme. De son côté, le rosé apparaît aujourd’hui presque plus accessible que le blanc. Les fruits rouges semblent ici pris dans de la dentelle et se lient avec des arômes de tabac et une pointe d’épices pour finir de nous charmer.
Des vins d’une longueur remarquable, taillés pour accompagner des repas de fête. Foie gras et homard pour le blanc, pigeon ou rouget barbet pour le rosé. James Bond ne s’est d’ailleurs pas trompé. En matière de champagne, c’est Bollinger qui a généralement ses faveurs.