Jeudi 30 Juillet 2026
Premiers coups de sécateurs, pour les vendanges 2026 à Limoux
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30.07.2026
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8 heures, ce jeudi jeudi 30 juillet, les premiers sécateurs claquent dans les rangs de chardonnay et de mauzac du domaine J. Laurens, à La Digne d’Aval, près de Limoux. Il y a quinze ans encore, personne au sein de l'appellation n'aurait imaginé couper du raisin avant la fin août. Pourtant cette année, les canicules et le manque de pluie en ont décidé autrement…
À Limoux, terre de bulles depuis 1938, grâce à ses appellations, on n'avait jamais vendangé un 30 juillet. « C’est historiquement très tôt, on n'a jamais vu ça à Limoux, même sur les bulles », résume Benoît Manchon, responsable technique et qualité du domaine. Cette précocité spectaculaire s'explique par une année 2026 particulièrement sèche.
Il y a quinze ans, le domaine entamait ses vendanges fin août, parfois début septembre, mais cette année, il a dix jours d'avance par rapport à 2025, année pour laquelle il avait déjà une semaine d'avance sur le millésime précédent. « On a pris quinze jours en deux ans quasiment», observe Benoît Manchon, qui pointe des hivers de plus en plus doux : « Le repos végétatif de la vigne n’est pas profond. Dès que le printemps arrive et que la terre se réchauffe, les vignes repartent pour refaire leur cycle. »
S’y ajoute une sécheresse marquée avec deux mois et demi quasiment sans pluie. « On a eu 3 mm le 19 juillet, mais après un mois et demi de sécheresse, ce n’est rien, ça n’a même pas lavé les feuilles ! », s’exclame-t-il. Le stress hydrique frappe surtout les coteaux et les sols peu enclavés, tandis que les terres plus profondes, portées par les réserves de l’hiver, tiennent encore le choc. « Mais jusqu’à quand ? », s'interroge Benoît Manchon, à l'approche d’une quatrième vague de canicule.
Le domaine n'est pas isolé dans sa précocité « On est souvent dans les plus précoces pour commencer », note-t-il, les autres domaines de l’appellation emboiteront le pas dès lundi.
Si le domaine se presse, c’est que les vins effervescents, blanquette et crémant de Limoux, dépendent directement de l’acidité contenue dans le raisin. « Pourquoi on démarre tôt ? Parce qu'avec ces canicules, le taux d’acidité baisse vite. Il faut que l’on démarre très vite les cueillettes pour être à l’optimum », explique Benoît Manchon. Sans cette tension acide dans le fruit, impossible d'obtenir la fraîcheur qui fait la colonne vertébrale d'une bulle en méthode traditionnelle.
Les deux appellations reposent sur des cépages différents. La blanquette de Limoux exige un minimum de 90 % de mauzac, cépage autochtone aux notes de pomme granny et de poire, complété par 10 % de chardonnay ou de chenin (si besoin en fonction de la recette de chacun !). Le crémant de Limoux s'appuie sur le chardonnay (50 à 80 %) et le chenin (10 à 30 %), avec un peu de pinot noir ou de mauzac en appoint, pour des profils plus agrumes et floraux.
Malgré des conditions extrêmes, Benoît Manchon veut croire à une belle vendange : « Du fait de notre activité de bonne heure, on va avoir sur les premiers raisins des degrés relativement bas et des acidités relativement hautes. Et puis au gré de l’étalement des vendanges, on va cueillir des raisins un peu plus mûrs. » Tout se jouera ensuite en cave : « Toute la clé de la réussite de la vendange de cette année sera dans l'assemblage. »
La propriété est née dans les années 1980 avec l'installation d'un vigneron champenois à La Digne d’Aval, séduit par le potentiel de Limoux pour les bulles. « Le domaine ne comptait à l'origine que trois cuves et quelques hectares. Repris en 2001 par Jacques Calvel, il est passé de 60 000 à plus de 700 000 bouteilles produites chaque année. 85 % de la production est destinée à l'export : Norvège, Canada, États-Unis, Japon, Italie, Royaume-Uni en tête » nous explique Sylvie Lacube, responsable des ventes et du marketing du domaine.
Il reste que cette année-là restera à part. Les vendanges commencent sous le soleil de fin juillet plutôt que de fin août pour une centaine d'hectares vendangés à la main grâce à des équipes sur le pied de guerre dès l'aube et des raisins cueillis parcelle par parcelle au plus juste de leur maturité.
Pour cette ouverture précoce des vendanges qui devraient s'étirer pendant un mois pour les 100 hectares de vignes à récolter manuellement, l'équipe de Terre de Vins souhaite bon courage et bonnes vinifications au personnel de la propriété !

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