Christophe Jouarez a récemment rejoint le Centre Vinicole Nicolas Feuillatte comme directeur général. Après 4 semaines en Champagne, voici quelques premières impressions.

Le parcours est sans faute. Après avoir dirigé des équipes marketing et commerciales du secteur du luxe (Chanel, L’Oréal division luxe, Cartier), Christophe Jouarez est entré en 2003 dans le secteur des vins et spiritueux comme directeur général de Maison Laroche (Bourgogne-Languedoc) puis comme président du directoire du groupe coopératif Unicoop à Cognac, pilotant le réveil de marques telles que Polignac et Hardy. A 57 ans, il rejoint le Centre Vinicole – Champagne Nicolas Feuillatte en tant que directeur général.

Créé seulement en 1976, le Centre Vinicole Nicolas Feuillatte rassemble 81 coopératives et 4500 viticulteurs (potentiellement, 1 vigneron sur 3 en Champagne est en contact avec la marque). Il commercialise sous la signature Nicolas Feuillatte 10,4 millions de bouteilles, ce qui propulse la marque au 1er rang en France et en 3e position dans le monde. Après 40 ans de développement remarquable et depuis plusieurs années sur le podium comme monomarque et monoproduit, Nicolas Feuillatte est à un carrefour stratégique de nouveaux axes de développement.

Cognac, Champagne. Quelles différences voyez-vous entre ces deux vignobles ? Certains atouts de Cognac pourraient-ils inspirer la Champagne ?
Le vignoble est très complexe en Champagne, il y a beaucoup plus de marques qu’à Cognac – dans les mains d’un petit nombre grands groupes. Cela se traduit par une très grande diversité de produits. Chaque marque champenoise a le souci d’imprimer véritablement un style en assemblant les crus, les cépages, dans un savoir-faire propre à chacun.
Réciproquement, la région de Cognac sait peut-être mieux jouer de ses atouts œnotouristiques. Il y a en Champagne un grand potentiel œnotouristique à développer.

Le communiqué de presse de votre nomination annonce que vous avez comme mission « de renforcer l’audace de la plus jeune des grandes marques de Champagne ». En quoi cela consiste-t-il concrètement ?
Nicolas Feuillatte a le potentiel pour poursuivre sa croissance exemplaire, en volume et encore plus en valeur. Certains marchés restent encore sous-exploités, en particulier il faut développer encore l’export [NDLR : 40 % des ventes, en incluant les DOMTOM où Nicolas Feuillatte est particulièrement représenté]. Un autre challenge est d’augmenter encore la notoriété de la marque, très jeune à l’échelle de la Champagne.

Il vous est également prêté une mission de réflexion stratégique. Le marché mondial de la bulle progresse, mais sur un créneau de prix inférieur à celui du champagne. Véronique Blin, présidente du directoire de Nicolas Feuillatte, a déjà dit qu’une croissance externe, dans le champagne ou dans d’autres effervescents, pouvait faire partie des options. Cela intègre-t-il votre feuille de route ?
Nous pensons qu’il existe des passerelles entre les différents effervescents. Un consommateur qui apprécie du prosecco, du cava, du crémant, est amené à apprécier un jour du champagne. Donc oui, nous regardons très attentivement les différents marchés des effervescents. Mais il est trop tôt pour répondre à votre question.

Ci-dessous : la nouvelle campagne de communication vise à apporter de l’enchantement et « réconcilier luxe et émotion ».