Animé par une nouvelle et jeune équipe, le champagne Ayala s’émancipe et affirme une image distincte, épurée, contemporaine (voir aussi nos “essentiels de l’actu” dans le dernier numéro de “Terre de Vins”). Renaissance d’une marque.

Hadrien Mouflard a l’analyse lucide. Cet ancien secrétaire général de Bollinger, arrivé il y a un an à la tête d’Ayala, dresse un constat très clair : « avec 700 à 800 000 bouteilles/an, Ayala est loin du potentiel qu’elle pourrait représenter. La maison s’appuie sur des atouts exceptionnels – son histoire, ses installations, son savoir-faire, ses champagnes -, mais elle soufre d’une image qui n’est pas assez précise. » Explications.

Créée en 1860 par le flamboyant diplomate Edmond de Ayala, la maison Ayala fait partie de ces étoiles qui ont brillé dans la Champagne du XIXe siècle, fournissant les cours royales d’Espagne et de Grande-Bretagne, dépassant même le million de cols. Parmi ses dirigeants figurent certains des grands hommes de la Champagne du XIXe et XXe siècle. Mais l’histoire, avec un petit et un grand H, lui ont aussi porté des coups. Lors de la terrible crise de 1911, Ayala a le malheur de se trouver en premier sur le chemin d’un groupe de vignerons ivres de colère, qui transformèrent les locaux en un tas de cendres. En 1999, le groupe Frey acquiert la maison Ayala, puis la revend six ans plus tard à la Société Jacques Bollinger, dépecée de ses 20 ha de vignes et du Château Ayala à Mareuil-sur-Aÿ.

Propriétaire depuis 2005 d’Ayala, Bollinger a réalisé des investissements importants dans l’outil de production, facilité les approvisionnements en raisin, poussé la marque sur ses propres réseaux de distribution, faisant monter les ventes de 400 000 à plus de 600 000 cols. Mais l’accent n’a jamais été porté sur le marketing. Les habillages, refaits en même temps que ceux de Bollinger, leur ressemblaient étrangement, ce qui entretien parfois la confusion : Ayala, second vin de Bollinger ?

Des champagnes frais, élancés, apéritifs

Les vins, pourtant, n’ont rien à voir. Face aux grands pinots noirs riches et vineux, signature de Bollinger, Ayala propose des assemblages portés aussi bien par le pinot noir que le chardonnay. Des champagnes frais, élancés, apéritifs* – œuvre de la jeune chef de cave Caroline Latrive. S’y ajoute un nom de marque, Ayala, aux consonances féminines et chantantes. Et un patrimoine iconographique (affiches publicitaires, cartes postales…) caractérisé par des lignes épurées, la couleur noire, une ambiance très intemporelle.

Voilà clairement l’axe suivi par Hadrien Mouflard et sa jeune équipe. « Nous allons faire renaître la marque Ayala, trouver son positionnement, communiquer de manière différenciante », reprend-il. Après des travaux de rénovation pour pouvoir accueillir clients et visiteurs à Aÿ, Ayala s’est lancée dans la refonte de ses packagings. A présent, c’est le grand saut avec l’arrivée chez les cavistes et en restauration ; l’expédition des nouvelles bouteilles à l’export.

Ayala y revendique une image contemporaine, épurée, pleine de fraîcheur. Tant mieux !
La fraîcheur n’est-elle pas l’atout Majeur du champagne ?

Joëlle W. Boisson

* Ayala brut Majeur
Un champagne issu à 40 % de pinot noir pour la vinosité, la plénitude et la puissance ; 40 % de chardonnay pour l’élégance, la vivacité et la finesse ; 20 % de pinot meunier pour la note de fraîcheur et de fruité. Dosage entre 7 et 8 g/l.
C’est un champagne élancé et plaisant, au fruité élégant. Un grand vin d’harmonie où tout est à sa place, et qui jouera un rôle parfait à l’apéritif.

gammeayala