L’entrepreneur lyonnais Jean-Loup Rogé vient d’acquérir le château de Poncié, anciennement Villa Ponciago. Le plus grand domaine de Fleurie quitte ainsi le giron de la famille Henriot.

“On a trouvé une pépite, dans un endroit merveilleux”, se réjouit Jean-Loup Roger. Le PDG d’Implid, société spécialisée dans l’expertise comptable et juridique, a acheté, fin juin, le château de Poncié au groupe champenois Henriot. Un investissement effectué “à titre personnel” par cet entrepreneur lyonnais. “J’ai toujours été passionné par le vin. En école de commerce je faisais déjà partie du club vinicole. Ce que j’aime dans mon travail, c’est la rencontre. Et le vin est un prétexte génial pour créer du collectif.”

À ses côtés, Marion Fessy sera désormais chargée de diriger cette propriété et ses 40 hectares de vigne. Née à 15 km de Fleurie, cette “locale” a été directrice commerciale de la maison familiale Henry Fessy, avant de monter un restaurant. Elle a accepté ce nouveau défi. “Poncié, c’est un endroit que je redécouvre. La biodiversité est fantastique, de nombreuses installations ont été créées autour de l’écologie, grâce au travail de Joseph Bouchard [chef de culture du château depuis 12 ans, ndlr]”

“Cela correspond aux besoins du Beaujolais”

Une voie dans laquelle la nouvelle équipe annonce s’engager pleinement. Objectif : la certification bio pour l’ensemble du vignoble d’ici 2022.
Côté cave, Jean-Loup Roger et Marion Fessy comptent aussi poursuivre le travail entamé pendant l’ère Henriot. “Les vins sont bien vinifiés, droits, avec une belle acidité, et un respect du terroir. C’est un esprit qui nous plaît.”

Un changement de propriétaire apparemment bien accueilli par les acteurs publics locaux. Et notamment Damien Ardiet, qui a accompagné cette cession au nom de la société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) Auvergne-Rhône-Alpes. “C’est un porteur de projet qui nous donne un certain nombre de garanties. Il souhaite rénover, développer le bio et l’œnotourisme, et travailler sur la valorisation des vins. Cela correspond aux besoins actuels du Beaujolais.”

L’ex-propriétaire Henriot évoque, via son président Gilles de Larouzière, “une stratégie de recentrage” et se félicite d’une vente “faite à un investisseur qui a très beau projet”.