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Best Old Vintage Awards : le top 20 de la 2ème édition révélé !

Les membres du jury de la 2ème édition du BOVA : Yves Tesson, Tyson Stelzer, Yuri Shima, Essi Avellan, Alberto Lupetti, Jordi Melendo, Claire Nesbitt, Peter Liem, Anne Krebiehl

Les membres du jury de la 2ème édition du BOVA : Yves Tesson, Tyson Stelzer, Yuri Shima, Essi Avellan, Alberto Lupetti, Jordi Melendo, Claire Nesbitt, Peter Liem, Anne Krebiehl, @ Adrien Viller

Auteur

Yves
Tesson

Date

05.10.2026

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32 domaines se sont prêtés au jeu de cette grande dégustation des millésimes 1995, 1996 et 1998 organisée par Terre de vins. L’enjeu ? Déterminer un top 20 et un top 3. Le jury qui comptait tous les meilleurs spécialistes internationaux du champagne s’est réuni pour cet exercice de haute volée au restaurant l’Arbane à Reims. Aujourd’hui, en exclusivité, Terre de vins vous révèle le top 20, avec de jolies surprises.

Dégustation BOVA ©Adrien Viller pour Terre de Vins

La première édition du Best Old Vintage Awards, dédiée aux très vieux vintages de champagne, avait été consacrée à la trilogie 1988, 1989, 1990. Ces millésimes, bien que très différents, font chez les spécialistes une certaine unanimité. 1995, 1996 et 1998, mis à l’honneur dans cette deuxième édition, suscitent beaucoup plus de débats quant à leur qualité. Et c’est ce qui a rendu cette dégustation passionnante, car sur ces années moins clémentes, l’agilité des vignerons et des vinificateurs a sans doute été plus déterminante. Le président du jury, l’Australien Tyzon Stelzer, nous confiait que ce qui l’avait beaucoup marqué lors de la première édition, c’était à quel point cet exercice lui avait permis de remettre en cause ses préjugés, notamment en voyant son millésime préféré ne pas sortir favori. Cette fois encore, il semble que pour beaucoup de membres du jury, la hiérarchie naturelle qu’ils établissaient entre ces trois millésimes ait été ébranlée…

1995 : un grand millésime partant d’un raisin à faible degré potentiel

Il y a d’abord 1995, dont le degré potentiel à la vendange de 9,2 pouvait laisser un peu sceptique. Lorsque l’on regarde les plus grands millésimes de la Champagne, ils sont tous au-dessus de 9,5. Par ailleurs, la qualité sanitaire avait parfois été compromise par des pluies accompagnées d’une certaine douceur survenue juste avant la vendange. Mais le rendement était assez généreux, ce qui avait donné la possibilité aux meilleurs vignerons de laisser sans scrupule dans les vignes tout ce qui ne leur paraissait pas à la hauteur.

Pour le reste, d’ailleurs, la campagne s’était plutôt bien déroulée avec un été chaud, et un retour du beau temps accompagné d’une certaine fraîcheur pendant la vendange qui avait permis de contenir la pression sanitaire. Enfin, si le degré n’était pas au rendez-vous, la belle acidité était le gage de grands champagnes de garde. Après quatre millésimes de qualité médiocre, 1995 est ainsi apparu sur le moment comme une grande année. Beaucoup de maisons ont donc choisi de millésimer, d’autant que cette jolie récolte arrivait à point pour préparer les stocks de cuvées spéciales dont le public aurait besoin pour célébrer l’an 2000 !

Clairement, ce fut une année davantage à chardonnay qu’à pinot noir, où une surcharge de la vigne dans certains secteurs a pu donner des vins un peu dilués… Pour Alberto Lupetti, qui représentait l’Italie dans le jury, « il s’agit d’un très beau millésime, injustement oublié à cause de 1996 qui l’a éclipsé avec sa tension extraordinaire. Pourtant, aujourd’hui, je trouve que l’année 1995 est beaucoup plus intéressante que l’année 1996, qui était un millésime extrême et non un millésime exceptionnel. 1995 était une année chaude. Et on s’aperçoit qu’avec le temps, les années chaudes finissent par se révéler. C’est devenu un millésime de richesse, de finesse, jamais lourd. »

1996 : une fraîcheur cinglante qu’il fallait savoir dompter

1996 raconte en effet encore une autre histoire. L’été a vu alterner des périodes de fortes chaleurs et de fortes pluies, qui laissaient planer un risque sanitaire. Les nouvelles précipitations survenues à la mi-septembre auraient pu faire exploser cette pression. Mais le vent du Nord qui soufflait en continu est venu heureusement assécher les vignes et refroidir les températures, tout en concentrant le raisin en sucre comme en acidité. On lui doit sans doute cette fraîcheur incroyable des vins avec une acidité très élevée de 10g/litre qui s’accompagne en même temps d’un joli degré potentiel de 10,3. C’est la fameuse année 10/10, l’équilibre idéal sur le papier.

Cette fraîcheur donnera cependant des vins si tendus que l’on craindra pendant longtemps de ne jamais les voir mûrir. De nombreux chefs de caves considèrent que les vignerons n’avaient pas encore perçu les conséquences du réchauffement climatique. En voyant les 10 degrés potentiels, tous se sont imaginés que le raisin était mûr à une époque où on se concentrait davantage sur les paramètres analytiques que sur les dégustations de baie. Or, même si ce degré était élevé, le raisin aurait sans doute mérité d’être cueilli plus tard pour aller plus loin dans sa maturation et développer davantage son aromatique. Ainsi, lorsque l’on déguste les 1996, le travers est d’avoir parfois un décalage entre la rondeur du nez, et la verdeur de la bouche où l’aromatique et l’acidité semblent dissociées. Il existe cependant de très beaux 1996, en particulier lorsqu’on leur a laissé de très longs temps de garde, et leur fraîcheur 30 ans après est toujours surprenante. La veille de la dégustation, Claire Nesbitt, représentante hong-kongaise du jury, nous confiait qu’il s’agissait du millésime qu’elle avait le plus hâte de déguster.

1998 : l’abondance est souvent synonyme d’élégance

Si on raisonne par familles de millésime, 1998 est à rapprocher de 2004 ou 2018. Sur le moment, ces vintages ont parfois été sous-estimés compte tenu de la charge importante des vendanges. Le rendement agronomique officiel était de 13.000 kilos (et sans doute beaucoup plus en réalité). Pour autant, le degré était satisfaisant : 9,8, soit au-dessus de la moyenne des vingt précédentes années. L’acidité aussi était très convenable : 8 g. On a pu reprocher, en particulier aux chardonnays, d’avoir un côté un peu dilué. Mais cette dilution peut s’apparenter aussi à une certaine élégance, une vraie buvabilité. Surtout, elle a laissé plus de place que les précédentes années aux notes d’élevage que pouvaient lui donner de longs vieillissements sur lie. Essi Avelan, représentante de la Finlande dans le jury, souligne ainsi que « si 1998 est un millésime versatile, il reste mon millésime favori chez certaines maisons. Il peut donner des vins très frais, élégants et il est toujours intéressant de voir comment ils ont vieilli ». Même constat de la part de Peter Liem, représentant américain du jury, pour lequel « 1998 est sans doute le millésime le plus sous-coté de la décennie. Je me souviens très bien des conditions climatiques, d’autant que j’avais fait les vendanges en Bourgogne, elles n’étaient pas évidentes. Aujourd’hui, c’est mon préféré de la décennie 1990. Et plus le temps passe, plus sa réputation grandit. »

Un Top 20 qui permet de trancher le débat : 1996 sort grand vainqueur, même si 1995 et 1998 se défendent bien

Que nous apprend le TOP 20 déterminé par le jury quant aux millésimes qui ont le plus réussi aux vignerons et aux maisons ? Sur cinq millésimes 1995 présentés, trois ont été retenus. Sur quinze 1996, onze ont été retenus. Et sur douze 1998, six ont été retenus. Moralité ? 1995 obtient un taux de réussite de 60 %, 1996 est largement vainqueur avec un taux de réussite de 73,3 %, et 1998 affiche un taux de réussite de 50 %, ce qui le place en dernier.

La liste du top 20 retenue par le jury, classée par ordre alphabétique est la suivante :

CHAMPAGNE BILLECART-SALMON, Cuvée Nicolas François, 1998

CHAMPAGNE BOLLINGER, La Grande Année, 1996

CHAMPAGNE CASTELNAU, L'Œnothèque,    1998

CHAMPAGNE CATTIER, Brut Millésime Premier Cru, 1996

CHAMPAGNE CHARLES HEIDSIECK, Blanc des Millénaires, 1996

CHAMPAGNE DE VENOGE, Louis XV, 1996

CHAMPAGNE DRAPPIER, Carte d’Or, 1998

CHAMPAGNE DUMANGIN, Le Vintage Premier Cru, 1996

CHAMPAGNE EDOUARD BRUN, Œnothèque, 1996

CHAMPAGNE LANSON, Vintage Collection, 1996

CHAMPAGNE LENOBLE, Blanc de Blancs Grand Cru, 1996

CHAMPAGNE LOMBARD, Collection, 1996

CHAMPAGNE MOËT & CHANDON, Grand Vintage Collection, 1996

CHAMPAGNE PALMER & CO, Blanc de Blancs, 1995

CHAMPAGNE PERRIER-JOUËT, Belle Époque Brut, 1998

CHAMPAGNE PHILIPPONNAT, Clos des Goisses LV, 1995   

CHAMPAGNE PIERRE GIMONNET & FILS, Grand Terroirs de Chardonnay, 1995

CHAMPAGNE POL ROGER, Cuvée Sir Winston Churchill Édition Vinothèque, 1998

CHAMPAGNE RUINART, Dom Ruinart Blanc de Blancs, 1996

RARE CHAMPAGNE, Rare Millésime, 1998

À noter que le top 3 de cette dégustation sera révélé le 20 octobre prochain, à l’occasion d’un dîner de gala à l’Intercontinental à Paris. Rappelons aussi que le jury était présidé par Tyson Stelzer, auteur d’un Guide du champagne qui fait référence en Australie (www.tysonstelzer.com). Il était composé de Peter Liem, directeur pour la dégustation du magazine Wine & Spirits (www.champagneguide.net), Yuri Shima spécialiste japonaise et auteur d’un blog dédié au champagne (www.yurishima.com), Anne Krebiehl, master of wine allemande, Jordi Melendo, auteur du Guia Melendo del Champagne, et créateur d’un salon du champagne en Espagne (www.salonmelendo.es), Essi Avellan, Master of Wine finlandaise, auteur de l’Encyclopédie mondiale du champagne (www.essiavellan.com), l’Italien Alberto Lupetti, auteur du Guide Grande Champagne (www.lamiachampagne.com) et Claire Nesbitt, critique et consultante indépendante installée à Hong Kong, après plusieurs années passées à évaluer des milliers de vins pour JamesSuckling.com et Yves Tesson, rédacteur en chef de Terre de vins.

Tyson Stelzer ©Adrien Viller pour Terre de Vins
Yves Tesson ©Adrien Viller pour Terre de Vins
Dégustation BOVA, Christian Holthausen au premier plan ©Adrien Viller pour Terre de Vins
Dernière délibération BOVA 2026 ©Adrien Viller pour Terre de Vins

Dans les coulisses de cette grande dégustation…

Terre de Vins tient à remercier Christian Holthausen qui a constitué ce jury d'exception tout en nous conseillant depuis le début de cette aventure, et Xavier Mayran de Chamisso, qui a initié ce projet il y a deux ans avant de passer la main à Antoine de Boysson. Toute notre reconnaissance va également au restaurant l’Arbane, généreusement mis à disposition par le chef Philippe Mille et dont les équipes sont venues épauler celles de Terre de vins dans l’organisation de la dégustation, coordonnée d’une main de maître par Mathilde Medeville. Notre média salue le travail de l'agence Hello Merci de Lucile Orblin, qui a assuré l'accompagnement de la communication France. Enfin, cet événement doit beaucoup au soutien de deux grands partenaires historiques de Terre de vins, Mytik Diam et Riedel.

Philippe Mille recevait le jury de BOVA dans son restaurant l'Arbane ©Adrien Viller pour Terre de Vins
L'Arbane de Philippe Mille à Reims ©Adrien Viller pour Terre de Vins
L'Arbane, le restaurant de Philippe Mille à Reims ©Adrien Viller pour Terre de Vins