(Photos F. Hermine)
(Photos F. Hermine)

La vente caritative des vins blancs de Correns, notamment le rare Château Miraval, aide au financement des Villages Durables du Congo.

Correns est fier de sa tradition de blancs depuis longtemps « notamment grâce aux lentilles calcaires du nord du Var sur le fameux tuf blanc et à une plus grande amplitude thermique entre les journées chaudes d’été et les nuits fraîches donnant des vins d’une belle tension », explique Nathalie Longefay, œnologue-conseil du Cabinet d’Agronomie Provençale pour les Vignerons de Correns et les Aspras. Les vins blancs étaient déjà élaborés ici par les moines de l’abbaye Montmajour qui alimentaient la région en vin de messe. Jusque dans les années 80, les domaines de Correns en produisaient jusqu’à 40%, emportés par la lame de fond des rosés. Si les Côtes-de-Provence ne produisent plus désormais que 5% de blanc en moyenne, les domaines corrensois en élaborent toujours davantage et ont commencé ces dernières années à replanter du rolle. Mickael Latz, le charismatique maire de Correns et propriétaire des Aspras, parle même de créer une association des vignerons producteurs de blancs de Correns en vue de défendre une dénomination de terroir blanc auprès de l’Inao.

Château Miraval en exclusivité

La vente aux enchères caritative des blancs corrensois, créée il y a 8 ans par les Maîtres Vignerons bio de Correns, est l’occasion de les mettre en lumière tout en goûtant quelques vieux millésimes. Ils tendent par ailleurs à prouver que les blancs peuvent être de garde, nonobstant la faible production du dernier millésime et de celui à venir qui ont hélas souffert d’un gel de printemps ayant fortement impacté la plupart des domaines.

Ont été mis aux enchères, sous le marteau du truculent Dominique Giafferi, commissaire-priseur à Paris, quatre barriques de 225 l. (l’équivalent de 300 bouteilles) des Vignerons de Correns, du domaine des Aspras, et du célèbre château Miraval qui propose pour l’occasion l’intégralité de la production du château hors négoce (on espère toujours la participation de Brad et Angelina qui ferait sans doute grimper les prix), mais également quelques lots supplémentaires du domaine de la Grande Pallière et du domaine Saint Andrieu. Les vins sont ensuite embouteillés avec l’étiquette de l’événement avant d’être livrés à leurs acheteurs.

Le produit de la vente (25 288 € pour les vins, plus de 27 000 € avec les repas de la soirée et l’apéritif solidaire du midi) aide au financement des Villages Durables de la ferme école Agro-Écologique de la presque’île de Buzi-Bulenga, près de Goma au Congo, avec la formation notamment d’une quarantaine de jeunes par an, enfants soldats et jeunes femmes violées à qui l’on apprend à devenir autonomes, à créer dans leur village un maraîchage, un petit élevage de lapin ou de poulet, une plantation de café, l’irrigation, l’alphabétisation… « Un transfert de savoir et une aide à l’organisation et à l’apprentissage de méthodes de travail pour les aider à faire et non à faire à leur place » insiste Michael Latz, né au Congo et sensibilisé il y a quelques années par l’utilisation déraisonnée de produits phytosanitaires toxiques envoyés par les Chinois. La soirée, qui s’est déroulée les premières années à Fort Gibron puis à l’Auberge de Correns, avait été organisée cette année au Théâtre de Verdure de la Fraternelle, à l’entrée du village. En réflexion pour l’an prochain, l’extension à quelques domaines voisins de Correns et également en bio.

Les barriques ont été achetées par :
Château Miraval blanc 2015 par Vins Bréban (7200 €)
L’Or des Fées 2016 par Estandon Vignerons (4000 €)
Château Réal Martin L’Optimum 2016 par Malongo (3600 €)
Domaine les Aspras La Licorne 2016 par Georges Ferrando, président d’Albert Vieille, producteur de plantes aromatiques de Vallauris, qui avait offert également du safran pour le repas (4200 €).