Parmi la dizaine de vignobles étrangers d’Europe et du Monde présents dans l’enceinte du Musée National de Douanes lors du festival des grands vins, ce week-end des 14 et 15 décembre, zoom sur ce domaine néo-zélandais détenu par une famille sancerroise, dont c’est la première participation à l’événement.

Déjà propriétaire à Sancerre depuis la fin du XVIIe siècle, la famille Bourgeois a franchi les océans il y a dix-neuf ans pour tenter l’aventure de l’autre côté du globe, en Nouvelle-Zélande. Elle a posé ses valises dans la vallée de Marlborough, pour créer ex-nihilo le Clos Henri Vineyard. Inspirée par son savoir-faire sancerrois, elle y cultive en biodynamie les cépages sauvignon blanc et pinot noir, pour proposer une belle palette de vins, dont trois cuvées seront en dégustation à Bordeaux Tasting. Rencontre avec Arnaud Bourgeois, co-propriétaire de ce domaine.

Comment l’idée de tenter l’aventure viticole en Nouvelle-Zélande a-t-elle germé dans l’esprit de la famille Bourgeois ?
Nous sommes curieux de découvrir des terroirs dont on ne connaît pas les secrets. On était en quête d’un pays où sont cultivés les cépages sauvignon blanc et pinot noir, qui nous ont toujours intéressés. Depuis le milieu des années 1980, on a fait des visites dans des vignobles où ces cépages étaient présents. La Nouvelle-Zélande est l’un des derniers pays qu’on a visités, et il a retenu notre attention. On avait envie d’essayer de produire du vin là-bas, non pas avec le mode cultural local, assez vierge d’expérience, la vigne étant cultivée depuis peu dans ce pays, mais avec notre expérience française, car agronomiquement, on pensait que certaines pratiques étaient améliorables. On a donc acheté une colline de 90 ha et décidé de planter des vignes au fur et à mesure. On a commencé par un hectare de sauvignon blanc en 2001 et une trentaine d’ares de pinot noir, pour aujourd’hui parvenir à 45 ha de vignes en production, à 60 % sauvignon blanc et 40 % pinot noir.

Quels ont été vos critères de choix pour élire ce vignoble ?
On voulait acheter de la terre vierge, car on ne voulait pas partir sur une plantation dont on n’avait pas la maîtrise. On voulait pouvoir faire nos propres choix tant d’un point de vue clonal que de densité de plantation. On a fait une sélection massale et de clones strictes, notamment en pinot. C’est sans doute de toute la Nouvelle-Zélande l’endroit où on a la variété de clones la plus large, ce qui permet de donner encore plus de complexité aux vins. En faisant des carottages, on a remarqué qu’on était au croisement de deux anciens glaciers, avec trois types de sols différents. Sur nos 90 ha, 30 ha de terres sont couverts par des forêts natives. Dans notre approche en biodynamie, on les préserve soigneusement, ce qui nous a permis de recréer un écosystème et un équilibre naturel, en faisant revenir des espèces, dont les abeilles.

Aviez-vous déjà une certaine idée du style de vin que vous vouliez produire sur ce vignoble ?
Nous avions plusieurs exigences et aspirations. D’abord, retrouver de la minéralité dans les vins. C’est ce qui nous manquait dans tous les sauvignons dégustés sur place, qui contenaient souvent un peu de sucres résiduels. Nous recherchons sans cesse la fraîcheur, avec une maturité du raisin qui permette d’offrir à la fois de la maturité aromatique, sans aucun côté végétal, et parallèlement une belle acidité. Ensuite, nous recherchons également la concentration, avec de la matière, mais sur la base d’un vin sec, sans sucres résiduels. Vous allez me dire que cet équilibre sonne un peu sancerrois, ce n’est pas faux, la seule différence, c’est que là-bas, il n’y a pas du tout de calcaire.

Depuis ces prémisses, le domaine a bien grandi…
Aujourd’hui, Clos Henri Vineyard s’étend sur 46 ha, et produit 300 000 bouteilles par an, jusqu’à dix cuvées selon les millésimes. Trois cuvées blanches et trois rouges sont produites tous les ans : le grand vin Clos Henri, la cuvée Bel Echo, et la cuvée Petit Clos. Certaines années, quand les conditions s’y prêtent, nous produisons également deux autres cuvées : depuis 2009, un sparkling 100 % blanc de noir à partir de pinots noirs sur une parcelle froide, baptisée « parcelle de la chapelle », sur laquelle est située la chapelle du domaine, que nous utilisons pour l’œnotourisme comme lieu de dégustation et boutique, ainsi qu’une cuvée vendanges tardives prénommée Patience. Nous vinifions aussi des cuvées blanches plus confidentielles, avec seulement 600 L de chaque, Stones (cailloux) et Clay (argiles) du nom de leurs terroirs, qui se rapprochent beaucoup de vins nature. Globalement, selon leur élevage en barriques ou pas, les cuvées sont commercialisées entre 13 et 22 € en blanc, et 15 à 30 € en rouge (prix cavistes).

Pour en venir à Bordeaux Tasting, pourquoi avoir décidé de participer pour la première fois en ce millésime 2019 ?
On est déjà bien présents en restauration et chez les cavistes locaux, et nous avons constaté que la clientèle de Bordeaux répondait très favorablement à notre style de vins de Nouvelle-Zélande. Bordeaux Tasting est une façon d’approfondir la relation avec ces amateurs, dans un cadre prestigieux et une organisation gérée de main de maître par Terre de Vins.

Que pourront découvrir les amateurs lors de ces deux jours ?
Nous ferons déguster notre cuvée premium Clos Henri blanc, un vin de complexité et de grand potentiel de garde qui exprime une minéralité distinctive sur le silex, avec une élégance soulignée par une excellente pureté du fruit. Sera aussi proposée la cuvée Petit Clos, pour ceux qui recherchent la saveur néo-zélandaise mais avec un accent très français dans le style. Créée à partir de jeunes vignes, cette cuvée se décline en sauvignon blanc et pinot noir. « Petit Clos sauvignon blanc est intensément rafraîchissant et juteux avec des arômes fruités expressifs, et une pointe de minéralité qui donne un avant-goût de la grande cuvée. Petit Clos pinot noir est quant à lui travaillé sur la base d’un fruit avec une jolie maturité, sur la finesse et la gourmandise des pinots, avec une belle présence en bouche, des tanins soyeux. C’est le vin dont on ne peut pas se passer !

Horaires détaillés :
Samedi 14 décembre de 10h à 18h30.
Dimanche 15 décembre de 10h à 18h.
Palais de la Bourse de Bordeaux, Musée National des Douanes, Espace Saint-Rémi et alentours.
Entrées ouvertes aux visiteurs :
jusqu’à 17h45 le samedi et 17h15 le dimanche

Tarifs en prévente
Pass 1 JOUR SAMEDI – 27 €
Pass 1 JOUR + abonnement SAMEDI – 29 €
PASS 1 JOUR DIMANCHE – 23 €
PASS 1 JOUR + abonnement DIMANCHE – 25 €
PASS 2 JOURS “GOLD” + abonnement – 39 €
Tarif sur place – PASS 1 JOUR avec abonnement – 32 €