(Photos JM Brouard)
(Photos JM Brouard)

Parmi les 5 crus classés de l’appellation, il n’est pas encore le plus célèbre mais sa notoriété a toutefois littéralement explosé en l’espace de quelques années. Le résultat payant d’immenses investissements.

Son étiquette est reconnaissable entre toutes avec son château enchâssé dans un cœur. Ce cœur, c’est celui du clos qui entoure depuis toujours les 55 hectares de vignes au nord de Saint-Estèphe, là où se situent les meilleures parcelles de la propriété (« l’enclos »). Ce cœur, c’est aussi bien sûr celui du marquis de Ségur, le plus illustre des anciens propriétaires. En achetant Calon en 1718, le « prince des vignes » lui fait rejoindre une extraordinaire collection de crus dont Lafite, Mouton et Latour… Mais c’est à cette propriété qu’il déclare sa flamme, son attachement. Une évidence quand on a la possibilité de goûter les vins et de se rendre dans cet endroit absolument magique en bord d’estuaire. Ici, le sol semble avoir été créé pour produire des grands vins. Des croupes graveleuses, pas bien hautes certes (une dizaine de mètres à peine), mais qui sont parfaitement adaptées pour le mûrissement optimal des raisins. Le sous-sol d’argile permet pour sa part d’assurer une alimentation régulière en haut, évitant un stress hydrique trop important. Un environnement rêvé pour produire de grandes cuvées. Mais le château avait besoin, lors de son rachat par le groupe Arkéa Crédit Mutuel en 2012, d’investissements importants pour retrouver tout son lustre et la hauteur que son rang de 3ème cru classé imposait. 30 millions d’euros plus tard, c’est (presque) enfin chose faite. Et les résultats sont à la hauteur.

Dans la cour des plus grands

Il suffit de goûter le grand vin de Calon-Ségur en 2017 pour comprendre qu’il joue désormais, sans hésitation, dans la cour des plus grands. D’une finesse éblouissante mais avec cette puissance contenue que l’on retrouve dans les grands Saint-Estèphe, il est un vin qui parle et qui émeut. Le 2016 était pour sa part d’une qualité exceptionnelle, un jalon qualitatif pour les années à venir. Ici, le cabernet-sauvignon est le maître incontesté. La volonté des équipes, et notamment de Vincent Millet le directeur d’exploitation, est de renforcer celui qui fait l’âme de ce vin. Un immense travail de replantation a donc été initié dès 2006. L’augmentation des densités de plantation s’est inscrite immédiatement comme un moyen permettant de rehausser encore davantage la qualité. Mais ce sont aussi des sélections massales (particulièrement sur le cabernet-franc et le petit verdot) qui sont réalisées pour maintenir et pérenniser une diversité génétique des vignes. S’ajoutent à ces efforts colossaux l’aménagement d’un nouveau cuvier gravitaire opérationnel depuis le millésime 2016. Ce dernier a vu l’apparition de nouvelles cuves plus petites pour favoriser une approche parcellaire, et donc plus précise, des vinifications. Les visiteurs pourront prochainement venir découvrir in situ cette pépite médocaine grâce à l’ouverture à la visite, sur réservation. Et comme graal ? La possibilité de repartir une bouteille de l’un des vins de la propriété. S’il reste du Calon-ségur 2009, n’hésitez pas… Il se goûte aujourd’hui très bien.