Présente aujourd’hui à Champagne Tasting, la jeune mais néanmoins célèbre maison de champagne vient de présenter une nouvelle venue, la cuvée Thiénot brut blanc de blancs non millésimée, élégante et frivole.

L’histoire de cette maison de champagne est étonnante et force le respect. Bâtie en à peine plus de 30 ans (la fondation par Alain Thiénot remonte à 1985), elle a su progressivement imposer son style et se faire reconnaître et apprécier pour sa régularité. Les vins offrent généralement ici un fruité généreux sans jamais être dénués de tension. La gamme offrait déjà des blancs de blancs mais tous deux millésimés et avec un temps de vieillissement d’une dizaine d’années en cave. Cette cuvée Stanislas (assemblage de chardonnays millésimés) et cette Vigne aux Gamins (chardonnay mono-cru millésimé) sont toutefois des vins de gastronomie, complexes et amples d’un abord un peu intimidant. De ce constat est né la volonté d’ajouter dans la gamme des « bruts » un 100% chardonnay qui, de l’aveu même d’Alain Thiénot, « soit plus accessible ». 5 années de travail auront été nécessaires à la réflexion puis l’élaboration de ce vin par Nicolas Uriel, nouveau chef de caves de la maison. Mais le défi était de taille et l’expérience de l’ancien chef de caves Laurent Fédou a également été mise à profit avant son départ. Une partition à quatre mains, expression d’un passage de témoin réussi entre les deux hommes, qui marque une évolution majeure chez Thiénot.

Nicolas Uriel, père de deux nouvelles cuvées

Pour ce premier opus de brut blanc de blancs non millésimé (40€), Nicolas Uriel est parti sur une base de 2014 et a associé différents crus pour trouver « un esprit de finesse et de fraîcheur, désaltérant tout en conservant de l’amplitude ». On retrouve ainsi dans cette cuvée une part de chardonnays provenant de la côte des blancs (Avize et Vertus plus au sud) qui confèrent de la tension à l’ensemble et des notes d’agrumes tout à fait agréables. Ceux-ci sont complétés notamment par des raisins issus de Villers-Marmery sur la montagne de Reims qui gainent l’ensemble et renforcent sa structure. A la dégustation, le nez floral et marqué par les agrumes s’avère très plaisant. La bouche est fidèle à la promesse initiale : fraîche et ciselée avec une acidité très bien intégrée. Une cuvée qui trouve parfaitement sa place aux côtés des classiques de la maison. Parmi eux, la Vigne aux Gamins dont Nicolas Uriel vient également de présenter la nouvelle expression. Le millésime 2006 (120€) est en effet désormais disponible. Dans un esprit très bourguignon, cette cuvée est toujours produite à partir d’une seule parcelle de grand cru d’Avize plantée il y a plus de 60 ans. Le vin offre de jolies notes d’évolution (noix fraîche), très changeantes dans le verre (brioche, noisette, cédrat, vanille, curry). Sa texture s’avère particulièrement crémeuse en bouche et portée en longueur par de beaux amers. Les amateurs voulant le découvrir devront se dépêcher car, sur ce millésime encore, les quantités produites sont minimes, 3458 bouteilles seulement…