Ci-dessus : Alain Moueix (photos DR et I. Mathie)
Ci-dessus : Alain Moueix (photos DR et I. Mathie)

Le Grand Cru Classé de Saint-Émilion a récemment dévoilé son nouveau cuvier. Conçu en accord avec les principes de biodynamie chers à Alain Moueix, qui conduit la propriété, cette nouvelle installation vise à faire encore progresser les vins en précision.

Converti de longue date à la biodynamie, Alain Moueix a amorcé la transition de Château Fonroque vers ce mode de culture peu de temps après avoir repris les rênes de la propriété, au début des années 2000 – comme il l’a fait sur son domaine de Pomerol, le château Mazeyres. Si, depuis, il y a eu du changement au capital de ce Grand Cru Classé (récemment confirmé à sa place dans le classement), la famille Guillard l’ayant racheté en 2017 avant de reprendre également Mazeyres en 2020, Alain Moueix continue de piloter les deux vignobles avec le même engagement et la même philosophie. Cette philosophie, qui dépasse le simple cadre environnemental, vise à atteindre une forme de vibration, de pureté et d’harmonie dans les vins. Et c’est ce qui a présidé à la conception du nouveau cuvier de Fonroque, tout récemment dévoilé – bien qu’il ait été étrenné sur le millésime 2021.

D’un point de vue technique, ce cuvier ambitionne d’apporter encore plus de précision dans la vinification, en adéquation avec le découpage parcellaire des 17,5 hectares du vignoble, le nombre de cuves béton passant de 13 à 27. Il aspire, surtout, à prolonger l’inspiration biodynamique qui est mise en œuvre à la vigne. Ainsi, une étude géobiologique a été réalisée au préalable, afin de « positionner les cuves sur des zones énergétiques favorables », explique Alain Moueix. Les proportions ont été calculées selon l’harmonie du nombre d’or. Les cuves ont été fabriquées en jours « fleur » et « fruit », puis nourries avec une eau « informée avec le vin du cru ».

L’éclairage du cuvier se veut naturel, la thermorégulation se fait sans circulation aérienne « pour une vraie qualité de silence ». Matériaux nobles peu transformés, couleur « symbolique du détachement terrestre » et recherche constante de la « verticalité » dans la disposition des lieux complètent la conception de ce cuvier dont la réalisation a été menée par l’architecte nantais François Bureau. « C’est ainsi que nous choisissons d’accompagner nos raisins en biodynamie vers la magie de la transmutation« , souligne Alain Moueix. « Le nouveau cuvier de Fonroque, c’est tout un poème en somme, que nous adorons partager« .

Pour l’inauguration du cuvier, Alain Moueix a fait appel à l’artiste synesthète, plasticien et compositeur Eddie Ladoire, pour une expérience immersive autour du La 432, soit la fréquence de propagation des ondes sonores dans l’eau de notre corps : « tout comme le vin naît du raisin et demande par l’assemblage l’architecture de son existence, la musique d’Eddie Ladoire arrive d’une récolte, celle des sons du lieu ». La conjugaison de la vibration et des éléments, une quête infinie pour Alain Moueix, qui avec le soutien de la famille Guillard, continue de tracer un sillon singulier dans le vignoble bordelais.