« Les vieux Médocains disent que les plus grands terroirs sont ceux qui voient la rivière.» Parler du vin avec Thomas Duroux, le directeur général de Palmer, c’est cheminer au cœur des vignes. « Voilà, lance-t-il. Nous sommes sur le plateau Palmer. En face, les collines de Bourg, des terres de palus qui arrivent jusqu’à 400 m d’ici et, ensuite, la première terrasse de graves en venant de la rivière…» Une étude pédologique permet de découper le vignoble en petites parcelles, de comprendre le sol, de tenir une conduite spécifique, d’adapter les cépages.

Le château Palmer, c’est 55 ha, avec 47% de cabernet-sauvignon, autant de merlot et 6% de petit verdot. Pour vinifier le tout, un nouveau chai à barriques et une extension du cuvier sont en construction. Au total : 8 millions d’euros de travaux. Lorsqu’on fait de la haute couture, il faut s’en donner les moyens. Les actionnaires le savent.

Ce sont eux qui ont recruté en 2004, Thomas Duroux, jeune ingénieur agronome qui a vinifié chez les plus grands à travers le monde. « La différence entre une propriété de Napa Valley en Californie et une propriété comme Palmer, c’est que nous, nous avons du 1875 dans la cave. On n’est pas dans un monde de winemaker au sens où on l’entend parfois dans le Nouveau Monde. A Château Margaux, ce n’est pas le vin de Paul Pontallier. Ici, ce n’est pas le vin de Thomas Duroux ou de Sabrina Pernet, notre directrice technique. Nous ne sommes que des serviteurs. »

www.chateau-palmer.com

Sandrine Mattéi. Photo Marion Lefebvre.