(photo Shutterstock)
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2022 a été déclarée “année du verre” par les Nations unies. Pour autant, cette filière est de plus en plus concurrencée par de nouveaux emballages. La Fédération des industries du verre a commandé une étude CSA pour analyser les motifs qui poussent les consommateurs dans leurs choix vers la bouteille en verre ou le Bag in Box. Les résultats montrent que le verre continue à bénéficier d’une image très forte auprès des consommateurs de vin que ce soit sur le plan environnemental ou qualitatif.

En France, la filière verre bénéficie d’un bel ancrage. Elle représente à elle seule 7000 emplois directs et couvre largement le territoire. De ce fait, elle dispose presque toujours d’usines à proximité des grands vignobles ce qui raccourcit les transports de bouteilles et limite leur impact sur l’environnement. La distance moyenne entre les clients et leurs verreries est de 300 kilomètres à peine. La collecte des bouteilles usagées est très performante (200.000 points d’apport volontaire). Son histoire a débuté en 1974 à la suite du choc pétrolier. A l’époque, le pays avait un slogan “La France n’a pas de pétrole, mais elle a des idées”. Ce recyclage avait d’abord été mis en œuvre pour économiser une énergie devenue plus onéreuse, aujourd’hui il présente un autre avantage face au réchauffement climatique : une tonne de verre recyclé permet une réduction de 500 kilos de CO2.

Ainsi, grâce à la collaboration de l’industrie avec les collectivités locales, la filière atteint un taux de recyclage de 76%, et la quantité de verre collecté ne cesse de progresser. En 2019, malgré le contexte sanitaire, elle s’est encore accrue de 3%. “Le verre a un immense avantage, il est recyclable à 100% à l’infini, une bouteille redevient une bouteille sans perte de performance. Une qualité intrinsèque formidable que nous exploitons au maximum et que nous envient un certain nombre d’autres matériaux d’emballage” confie Jacques Bordat, le président de la Fédération des industries du verre. Pour le reste, 95% des matières premières sont produites en France, essentiellement du sable de silice et du calcaire, elles aussi transportées sur des courtes distances : “la proximité fait vraiment partie de notre ADN”.

Malgré ces atouts, la filière verre est de plus en plus concurrencée par d’autres formats d’emballage et notamment le “BiB” (Bag in Box). La Fédération des industries du verre a commandé une étude au CSA dont elle vient de publier les résultats. L’objectif ? Comprendre les motifs qui poussent les consommateurs vers chacun des types d’emballage.

58 % des acheteurs de BiB interrogés indiquent privilégier ce format en raison des tarifs plus abordables qu’il offre pour les vins, 41% soulignent sa facilité de stockage ou de transport (contre 26% chez les acheteurs de bouteille), mais seulement 4% indiquent privilégier le BiB pour son esthétique et 11% pour son caractère recyclable (contre 29% et 31% pour la bouteille). D’un autre côté, 74% des consommateurs qui achètent en bouteille le font parce qu’ils estiment que les vins sont de meilleure qualité.

Pour Jacques Bordat (photo ci-dessus), il en ressort un constat évident : la bouteille véhicule une meilleure image du vin aux yeux des consommateurs que le Bib et participe à la création de valeur du produit. “Nous sommes convaincus qu’il faut éviter de banaliser l’offre, de la tirer vers le bas, de la standardiser (…). La bouteille en verre de par la créativité qu’elle permet, de par sa capacité d’innovation que ce soit en termes de forme, de couleur, de gravure, de blason etc. est une réponse fondamentale qui offre l’opportunité de mieux valoriser la diversité des terroirs, des appellations et des marques sur le marché des vins.”

Quant à l’image forte de produit respectueux de l’environnement qu’elle a auprès du consommateur, elle résulte “d’une économie circulaire opérationnelle”, alors que les BiB posent un certain nombre de problématiques de recyclage : “il s’agit d’un emballage qui marie différents matériaux, du carton, mais aussi du plastique, et pas un simple plastique, c’est un plastique multicouche complexe qui pose des difficultés en termes de recyclabilité et de recyclage. Nous savons aujourd’hui que pour la poche en plastique, aucune solution n’a été mise en place en termes de recyclage.”

La bouteille a cependant une empreinte carbone plus forte que le Bib, mais l’industrie du verre n’a de cesse d’innover pour la réduire. “Cela passe en particulier par le choix des énergies qui vont alimenter nos fours verriers. Aujourd’hui dans les fours verriers d’emballage, l’énergie principalement utilisée est le gaz naturel (environ 80%) avec un complément d’électricité. Nous avons lancé un projet européen baptisé Furnace for the future. Il regroupe 19 entreprises verrières, qui ont décidé de créer une alliance pour développer un four fonctionnant majoritairement à base d’électricité décarbonée. Le premier four devrait être construit en 2022.”

www.fedeverre.fr