Présentée à Vinexpo et lancée officiellement en septembre prochain, la gamme « Princes » de De Venoge marque la renaissance d’une cuvée emblématique de la maison, avec un positionnement astucieux.

Créée en 1837 à Mareuil-sur-Aÿ, De Venoge est une maison de champagne singulière qui se distingue par sa tradition aristocratique (de son slogan « Noblesse oblige » au cordon bleu, instauré par le roi Henri III comme insigne de l’ordre du Saint-Esprit, qui habille ses cuvées d’entrée de gamme), par son exceptionnelle vinothèque permettant aux amateurs de découvrir de vieux millésimes, et par ses cuvées haut de gamme, en particulier la gamme de champagnes millésimés Louis XV.

Justement, entre la gamme Cordon Bleu et la gamme Louis XV, il manquait à De Venoge une offre de champagne « intermédiaire », présentant l’excellence de la maison à destination de la grande restauration et des cavistes. Ainsi est née l’idée de faire renaître une très ancienne référence de la maison, le Grand Vin des Princes. De 1961 à 1993, ce vin des Princes a constitué la cuvée la plus prestigieuse de De Venoge. Une place aujourd’hui occupée par Louis XV.

L’emblématique bouteille en forme de carafe

C’est donc à une sorte de « rebootage » du Grand Vin des Princes que s’est livré De Venoge. « On fait revivre quelque chose qui a existé, qui a marqué l’histoire de la maison, avec une approche plus contemporaine, des vins plus jeunes, davantage sur la fraîcheur », explique le directeur commercial Guillaume Broche, qui révélait à Vinexpo sa nouvelle gamme « Princes ». Trois champagnes (un rosé, un blanc de blancs, un blanc de noirs) présentés dans la même bouteille en forme de carafe que la cuvée Louis XV et bénéficiant d’un packaging soigné – voir le présentoir produit en éditions limitées, sur la photo d’ouverture -, qui seront commercialisés à la rentrée entre 45 et 50 €.

Un rosé clair, délicat, sur la finesse et l’explosion de fruits rouges, incluant dans son assemblage 5% de vins rouge des Riceys. Un blanc de blancs (100% chardonnay) venu en grande partie du Mesnil-sur-Oger sur une base de 2011, avec un dosage à 6-7 grammes : une jolie tension, avec des notes de pêche confite très agréables. Et un blanc de noirs (100% pinot noir) venu de Verzy et Verzenay, ample, rond, structuré, nécessairement plus vineux et taillé pour la table. Une gamme très cohérente qui vient parfaitement faire le trait d’union entre Cordon Bleu et Louis XV (dont nous avons pu, par ailleurs, déguster les millésimes 2006, 1996 et 1995, et qui confirme, si besoin était, l’aptitude des grands champagnes à affronter les années avec grâce).

A noter enfin, toujours au rayon des actualités, que De Venoge procède actuellement au réaméagement de l’Hôtel Gallice et de ses jardins, sur l’avenue de Champagne à Epernay, où verront le jour dès 2016 plusieurs chambres d’hôtes et un bar à vin / bar à champagne. A suivre sur www.champagnedevenoge.com

Mathieu Doumenge