Que retenir de l’année 2021 en Val de Loire ? Etant donnée la variété de vins produits dans les vignobles de Loire, pas de généralisation possible. Mais il y a aura dans chaque appellation assez de réussites pour voir le verre à moitié plein et oublier le verre à moitié vide.

Le 1er juillet, lorsque les concurrents du Tour de France cycliste ont pris leur départ de la ville de Tours (Indre & Loire), les vignerons du Val de Loire en auraient presque oublié les tracas du début de saison. La manifestation sportive qui est parmi les plus suivies dans le monde entier a en effet quitté la capitale de la Touraine pour longer les quais de Loire en bordure de Vouvray, avant de traverser la vaste appellation Touraine, passant par Amboise, Montrichard, Chenonceaux pour finalement découvrir Valençay (Indre), l’appellation qui a la particularité d’être double, couvrant les vins de sauvignon et de gamay, mais aussi le fromage de chèvre cendré à l’original forme de pyramide tronquée.

Gel, grêle, tornades et été frais

L’année a mal commencé comme pratiquement partout en France, avec plusieurs nuits de gel sévère à la fin d’avril, après un début de saison particulièrement chaud qui avait encouragé le réveil de la végétation. Il a affecté le volume de récolte partout, mais à des degrés divers. Tous les moyens possibles ont été utilisés pour déjouer le froid, les éoliennes et les tours antigel mobiles, mais aussi les bougies, les braseros et les feux de bottes de paille qui créent un écran de fumée plus qu’ils ne réchauffent. L’association de plusieurs modes s’est parfois révélée efficace.  Des parcelles sont tombées à 2 hl à l’hectare, mais d’autres ont finalement atteint leur rendement. Juste avant l’été, la deuxième plaie de l’année s’est abattue sur le Val de Loire, avec une tornade à Saint-Nicolas de Bourgueil, qui a broyé les vignes, cassé les toits, emporté le beffroi de l’église et disséminé des morceaux d’ardoise et de tuffeau tout autour du village. A partir du 19 juin, des orages phénoménaux se sont abattus sur le Saumurois, avec pas moins de cent millimètres d’eau en un seul week-end à certains endroits.

L’assurance récolte en question

A cette occasion, Christiane Lambert, exploitante en Maine & Loire, présidente de la FNSEA, Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles avait déclaré à l’AFP : « Chez moi dans le Saumurois la grêle a complètement ravagé des vignes. La répétition des événements est très préoccupante, ça prouve que le changement climatique est à l’œuvre dans toutes ses dimensions. La question de la solidarité nationale et le changement de dispositif en cas de calamités agricoles s’imposent plus que jamais ». De son côté au moment des vendanges, Pierre-Jean Sauvion, président de la commission communication d’Interloire, l’interprofession qui représente 80% des volumes du bassin viticole qui s’étend du Puy-de-Dôme à l’Atlantique a résumé la situation : « La fin de saison, août et septembre, nous a permis d’obtenir une très belle maturité mais pas de miracle sur les rendements ».

Vin, Vignes, Randos, perle de l’oenotourisme

Pas moins de 11 000 rando-dégustateurs ont pris part à la 18è édition de Vin, Vignes, Randos, placée sous le signe de la gastronomie locale. Les 18 parcours de promenade accessibles à tous et les 500 vignerons et chefs de la région ont permis à un public toujours aussi nombreux et enthousiaste de découvrir des paysages magnifiques. Encadrés par des vignerons qui connaissent leur pays, ils ont pu s’initier de façon ludique au travail des vignes et à la dégustation, tout en appréciant des accords gourmands 100% Val de Loire. A vos agendas pour la prochaine édition les 3 et 4 septembre 2022.

Du côté des appellations

Chaque année voit ses petites modifications du côté des appellations contrôlées. En Anjou, c’est Anjou-Brissac qui vient remplacer Anjou-Villages-Brissac depuis le 10 novembre : un mot de moins seulement, mais qui correspond mieux à la petite taille de territoire (10 communes), et qui bénéficiera de l’aura du Château de Brissac, connu pour son élévation exceptionnelle et ses décors de Noël – dont on attend impatiemment le retour pour 2022. Dans la région nantaise, le Muscadet poursuit sa renaissance : trois communes Champtoceaux, Vallet et La Haye Fouassière sont entrés dans la dernière ligne droite – commission d’enquête à l’INAO, Institut national de l’appellation et de la qualité – pour devenir cru de Muscadet, aux côtés des sept déjà reconnus, Clisson, Gorges, Le Pallet, Goulaine, Château-Thébaud, Mouzillon-Tillières et Monnières-Saint Fiacre.