Un nouvel acteur de poids, le groupe australien Treasury Wine Estates – davantage connu pour détenir Penfolds – persiste et signe dans son implantation dans le Médoc. Déjà propriétaire du prestigieux Cambon La Pelouse, un Haut-Médoc Cru Bourgeois Exceptionnel, Treasury Wine Estates frappe un grand coup avec l’acquisition des Châteaux Belle-Vue, autre Cru bourgeois Exceptionnel, Gironville, également un Haut-Médoc, et enfin le tout proche Bolaire en appellation Bordeaux Supérieur. Sébastien Long, à la tête de l’ensemble médocain pour le compte du groupe australien, nous délivre les raisons de ce développement.  

Dans un récent communiqué de presse, vous évoquiez une stratégie de développement dans l’univers des vins français mais pourquoi spécifiquement le Médoc ?

A l’heure actuelle, il est certain que nous avons une prédilection pour le cabernet sauvignon. De fait on recherche les meilleurs terroirs pour ce cépage, à savoir les terroirs de graves. Nous sommes animés par l’élaboration de grands vins de garde. Et aussi bien le Château Cambon La Pelouse que les châteaux Belle-Vue, Gironville ou Bolaire présentent ces caractéristiques.  

L’ensemble des 4 propriétés pèse près de 80 hectares de vignes, vous devenez un poids lourd, êtes-vous toujours à l’affût d’autre chose ? Un Grand Cru Classé 1855 par exemple ?

Nous avons 80 hectares en Haut-Médoc et 6,5 en Bordeaux Supérieur avec Bolaire. Et le groupe reste à l’écoute de potentielles acquisitions ou de partenariats de sourcing en achats de vins ou de raisins. Plus précisément concernant les Grands Crus Classés 1855, le groupe regarderait le cas échéant tous les dossiers. Ce n’est pas un objectif à tout prix, notre principal objectif est celui d’acquérir des grands terroirs.

Cambon La Pelouse et Belle-Vue sont des Crus Bourgeois Exceptionnels, est-ce une notion importante pour vous, misez-vous sur ce classement ?

C’est une notion très importante pour nous, cela justifie cette recherche d’excellence à travers ce classement qui a été notamment fait sur la dégustation de plusieurs millésimes. Nous croyons en ce classement et on travaille avec cette famille pour différents événements, notamment très prochainement le Wine Paris. Ce classement est une garantie de qualité et c’est aussi un critère de vente puisque nous travaillons avec la Place de Bordeaux.

Des marques comme Gironville ou Bolaire pourraient-elles disparaître ?

Ce sont des potentialités, Bolaire, en tant que Bordeaux Supérieur, ne pourrait pas rejoindre un Cru Bourgeois mais, il est vrai, pourrait nourrir un second vin ou autre. Nous n’en sommes pas là du tout. Il faut voir comment nous allons restructurer tout ça. Il n’y a pas de stratégie précise sur les marques à l’heure où je vous parle.

Et concernant le 100% petit verdot de Bolaire, cette superbe cuvée ?

Cela fait partie des réflexions en cours. Nous goûtons très bien cette cuvée produite à hauteur de 4000 cols environ, elle est très intéressante et elle est très bien positionnée sur le marché. Donc, si nous arrivons à produire la même qualité, on n’en doute pas, nous allons continuer cette cuvée. Il y aura un petit verdot sur le millésime 2021 si le vin tient la route à la sortie des chais. Ça se présente bien. 

Quels sont les grands projets à venir sur ces 4 propriétés, en termes de conduite de vignoble, de style de vins comme d’oenotourisme ?

Pour la conduite du vignoble, nous allons consolider la méthodologie de Cambon sur l’ensemble des propriétés, nous allons restructurer les trois vignobles via une étude des terroirs que nous lançons actuellement. L’idée est de choisir le bon cépage pour le bon terroir ainsi que les porte-greffes. Nous avons enclenché la conversion en agriculture biologique sur Cambon-La-Pelouse, dans la foulée nous ferons de même pour les autres. Nous concentrons enfin nos efforts dans l’oenotourisme sur Cambon-La-Pelouse et sans doute aussi sur Belle-Vue qui sont nos deux Crus Bourgeois Exceptionnels.