Pour cette 19e édition du Festival des vins d’Aniane, du 21 au 23 juillet, 33 vignerons participeront à la montée en puissance de cette manifestation-vitrine de l’excellence des vins de la vallée de l’Hérault. Clou de l’événement, la vente aux enchères caritative de 33 magnums rares, répartis en onze caisses customisées par des artistes contemporains. Les pépites de ce cru 2017 étaient révélées mardi 27 juin lors d’un point presse.

Le principe est immuable : onze caisses de vins customisées par des artistes contemporains renommés, contenant chacune trois magnums de vin aujourd’hui introuvables, offertes par 33 généreux vignerons : comme un Daumas Gassac rouge Vin de Pays de l’Hérault 1986 sorti de la vinothèque privée des frères Guibert du Mas de Daumas Gassac ; ou un Mas de la Seranne 2007 en AOP Terrasses du Larzac ; ou encore un domaine Coston (cuvée « Gourmandise ») 2015 en IGP Saint-Guilhem le Désert-cité d’Aniane.

S’ils étaient commercialisés, certains de ces flacons s’envoleraient autour de 500 € pour les plus cotés d’entre eux. Dans le contexte caritatif de la vente aux enchères du festival, les onze acquéreurs de ces lots d’exception bénéficieront d’une réduction fiscale de 66 %… Tout en apportant leur soutien à la recherche contre la mucoviscidose, l’ensemble des bénéfices collectés étant reversé à l’association Grégory-Lemarchal.

Un festival qui voit grand

En 2017, le Festival des vins d’Aniane, événement créé il y a dix-neuf ans, affiche clairement ses ambitions. Celle d’une montée en gamme progressive de cette manifestation-vitrine des vins de la vallée de l’Hérault qui englobe, pour partie, l’aire des AOP Terrasses du Larzac et AOP Languedoc, l’IGP Pays d’Hérault et l’IGP à dénomination de village Saint-Guilhem le Désert-Cité d’Aniane. Une vallée dont le vignoble s’est taillé une solide réputation au fil des décennies, porté par la renommée internationale de quelques grands domaines.

Poursuivant cette dynamique, la manifestation s’est déjà ouverte, l’an passé, aux arts, à la culture, à la gastronomie et à la découverte du patrimoine de la vallée de l’Hérault en s’inscrivant dans la transversalité des métiers liés au vin (ateliers dégustation, balades géologiques contées, accords mets et vins, etc.). Cette année, les onze artistes invités à customiser les lots viennent de Toulouse, de Paris et d’Occitanie et une place est faite au street-art avec des caisses personnalisées par Damien Mauro alias GodDog, l’artiste toulousain Mondé, ou le graffeur français emblématique du « wild style », Reso.

« Initialement, le salon des vins d’Aniane (devenu festival en 2016, NDLR) se déroulait dans la salle des fêtes du village. J’ai pris il y a dix ans la présidence du festival avec une envie, ne surtout pas rester dans ce format pour créer une manifestation qui, sans être élitiste, participe à la valorisation de notre image et de celle de nos vins », explique Roman Guibert. Pour le vigneron de la fratrie Guibert (Mas de Daumas Gassac), l’objectif d’ici cinq ou six ans est bien de positionner l’événement comme « la vente aux enchères du Languedoc », juste derrière Toques et Clochers… À condition toutefois de disposer d’une salle adaptée.

Pour l’heure, le cœur de la manifestation prend pour écrin l’abbaye d’Aniane, « dont la restauration se fera petit à petit au fil des ans », affirme Louis Villaret, président de la communauté de communes Vallée de l’Hérault. Car la rénovation de l’ancienne abbaye fondée en 777 par les moines bénédictins donnerait du sens à l’histoire. Elle rappelle que Saint-Benoît d’Aniane est venu planter la vigne en Languedoc et que les grands vignobles sont souvent nés à l’ombre d’une abbaye.