Un épisode de grêle court mais intense a frappé le Gard Rhôdanien et le Vaucluse vendredi 29 mai en fin d’après-midi, avec pour conséquence la destruction de plusieurs parcelles de vignes. Si l’appellation Tavel a été plutôt épargnée, l’ODG Lirac a payé un lourd tribut avec environ 400 ha touchés. Certains vignerons ont tout perdu. Etat des lieux avec Christian Paly, le président de la cave des Vignerons de Tavel et de Lirac, et Rodolphe de Pins, président de l’appellation Lirac.

De l’aveu de la plupart des habitants, l’épisode de grêle qui a touché quatre communes gardoises (Lirac, Roquemaure, Saint-Laurent-des-Arbres et Saint-Géniès-de-Comolas) ce vendredi 29 mai en fin d’après-midi est totalement inédit, d’une rare violence. Il n’a fallu en effet qu’une grosse quinzaine de minutes pour ravager un couloir de trois kilomètres de vigne et laisser des dégâts considérables. « On a l’impression qu’un rouleau compresseur est passé par là, explique non sans émotion Christian Paly, président de la cave des Vignerons de Tavel et de Lirac. Ces quinze minutes de grêle m’ont paru être une éternité. » D’autant que l’appellation n’est pas habituellement sujette à ce genre de phénomène. « Personne n’avait jamais vu ça ici ! déplore Rodolphe de Pins, le président de l’appellation Lirac. C’est catastrophique dans le contexte actuel. Les affaires étaient déjà au point mort suite au coronavirus et certains vignerons avaient été touchés par le gel en mars, ça commence à faire beaucoup ! » En tout, ce sont près de 400 ha sur les 800 de l’appellation qui ont été touchés. « On estime environ à 30% la perte globale de récolte pour l’ODG Lirac », ajoute-t-il.

Après le gel et la crise sanitaire, c’est la goutte d’eau

Sur place, et notamment sur Lirac, épicentre de l’orage de grêle, la situation des vignerons est inquiétante. « Ils sont 4 ou 5 à avoir tout perdu et une quinzaine au moins sont durement touchés », poursuit Rodolphe de Pins. L’intensité du phénomène a totalement ravagé certains domaines. Il y a notamment une grosse inquiétude sur le bois de cette année et les bourgeons qui commençaient à poindre. « Il va falloir reconstituer le vignoble et on craint même pour la récolte 2021 », reconnaît le président de l’appellation Lirac. Traiter avec du cuivre pour cicatriser, travailler les sols, stimuler la vigne, une opération bien délicate quand on a le moral dans les chaussettes. « Les vignerons sont fatigués, confie Christian Paly. Et maintenant il faut gérer la problématique des assurances. » Comme la grêle n’est pas éligible à un classement en catastrophe naturelle, elle est « assurable » mais la plupart des vignerons n’en ont pas car cela coûte cher. « On a l’impression de vivre un acharnement, conclut le président de la cave des Vignerons de Tavel et Lirac. On espère sincèrement que les consommateurs vont venir nous soutenir en achetant notre vin. » Du côté de l’appellation Tavel, en revanche, c’est le soulagement car très peu de dégâts ont été recensés, si ce n’est sur le plateau de Vallongue.