Chevalier-Montrachet, Clos des Mouches, Bonnes-Mares, ou encore Griotte-Chambertin… Les 1247 climats de Bourgogne, ces célèbres parcelles classées depuis cinq ans à l’Unesco, ont un nouveau protecteur. Le 17 septembre 2020, Gilles de Larouzière, président de la maison Bouchard Père et Fils, a succédé à Guillaume D’Angerville à la tête de l’association des Climats de Bourgogne. Entretien.

Avant toute chose, pouvez-vous définir ce qu’est un climat ? C’est un terroir ? Un cru ?
C’est plus que ça. Un climat c’est une parcelle viticole clairement identifiée et nommée, en général depuis des siècles, pour des qualités qui lui sont propres. Mais au-delà de cet aspect micro-terroir, chaque climat est vendangé et vinifié séparément, et le savoir-faire vigneron permet de retrouver à la personnalité du lieu de s’exprimer dans le vin. Ce n’est donc pas que géologique, c’est aussi humain. C’est bien cela que l’inscription au patrimoine mondial reconnaît : une culture particulière née d’un paysage.

Vous présidez désormais l’association responsable de ce territoire inscrit à l’Unesco. Quelles seront vos missions ?
En obtenant l’inscription d’un bien à l’Unesco, l’État français prend un engagement international, et notre association est le relai de cet engagement. Notre rôle est de protéger, promouvoir, et d’approfondir la connaissance que l’on a de ce territoire.

Comment protéger une zone abritant une telle activité économique ?
Cela reste le point le plus délicat. Les climats, ce n’est pas qu’un monument, c’est une bande de 55km du nord au sud, dédiée à la viticulture. On ne peut pas, et on ne veut pas muséifier les climats de Bourgogne. L’idée est donc d’aider les pouvoirs publics à créer une relation harmonieuse entre ces activités et la protection du site. Un exemple au hasard : dans le cas d’un projet éolien, notre rôle n’est pas de juger sa pertinence. Seulement de s’assurer que le projet ne va pas dégrader la qualité visuelle du paysage. De plus en plus, les pouvoir publics vont intégrer l’association en amont dans leur réflexion, pour que nous puissions formuler des recommandations.

Pourquoi accepter une telle responsabilité ?
La maison Bouchard Père et Fils est donateur et mécène fondateur de l’association depuis le début. Mais je voulais aller plus loin et mettre la main à la pâte. C’est dans cette démarche là que je me suis rapproché très vite d’Aubert de Villaine et de Guillaume d’Angerville [premiers présidents de l’association, ndlr] en leur demandant comment je pouvais être utile pour les climats. Quand on a la chance d’exercer une activité aussi merveilleuse, dans un environnement aussi riche en histoire, en culture, et en diversité géologique et biologique, il est normal de donner un peu en retour.