Ce lundi 23 septembre a marqué le top départ des vendanges au Château Cantemerle, Grand Cru Classé 1855 en Haut-Médoc. Son directeur général, Philippe Dambrine, est optimiste sur la qualité du millésime. Les premiers merlots qui rentrent au chai s’annoncent de très belle qualité.

Après les premiers coups de sécateurs, comment se présentent les raisins ?
Ça se présente très bien et les conditions sont favorables. Pour l’instant le temps est stable même si on nous annonce pour la semaine des petites perturbations. Nous travaillons comme d’habitude notre cépage le plus précoce, à savoir le merlot. Nous sommes assez sereins à l’endroit de la qualité du raisin. Tout est en place.

Sur combien de jours tablez-vous pour l’ensemble des cépages ?
On est prudent, c’est toujours très difficile de connaître notre durée. On sait que nos merlots seront intégralement rentrés dans la semaine, c’est-à-dire sur cinq jours de vendanges. Ensuite, on pense que nos cabernets sauvignons, qui ont connu une véraison presqu’avant les merlots, devraient être précoces et donc la pause ne devrait pas être trop longue. Et puis entre-temps, il y a toujours les petits verdots et les cabernets francs qui nous occupent. Notre chantier des vendanges sur notre parcellaire paraît assez classique avec peut-être un peu moins de délai pour attaquer les cabernets sauvignons.

Qu’en est-il du volume ?
A Cantermerle, c’est un peu particulier car nous avons eu l’impact de la grêle l’an dernier sur des bois de taille donc une partie du vignoble est limitée en volume. Pour le reste il y a eu l’impact du millerandage, d’un peu de coulure alors c’est très difficile de faire un état des lieux précis aux premières heures des vendanges. Ce qui est sûr est que le mildiou ne fut pas au rendez-vous sur ce millésime et le beau feuillage montre que la vigne a bien résisté à la sécheresse. La sympathique douche du 15 août et les pluies dernières minutes avant les vendanges ont été les bienvenues.

Peut-on dès lors parler de la qualité du millésime ?
Le bon comportement de la vigne est un indicateur. Le printemps froid et humide n’a pas donné de précocité, au contraire. On a eu une très belle floraison pour un beau potentiel mais parfois inégal suite aux mini-canicules en série. Il n’y a pas eu de problèmes phyto et nous arrivons au final avec une maturité phénolique très très intéressante. Et nous avons un taux de sucre important par concentration et des indices de polyphénols élevés comparables au millésime 2010. C’est du haut niveau ! Encore une fois, les dernières pluies ont fait du bien.