Plus de peur que de mal : c’est l’expression consacrée. Le gérant et propriétaire du Château Paloumey, Pierre Cazeneuve, relativise au regard du feu qui n’a touché ni l’outil technique ni les stocks de bouteilles.

Tout commence jeudi 9 janvier en fin de journée. Pierre Cazeneuve est chez le médecin. Au Château Paloumey, son épouse commence à dîner avec leurs deux filles. Il est un peu plus de 20 heures quand un bruit étrange survient à l’étage, “comme quelque chose qui tombe”, explique Pierre Cazeneuve. La maman et les deux filles enfilent l’escalier et c’est au palier du deuxième étage qu’elles découvrent un matelas en feu dans la chambre de la cadette. Choquées, elles descendent quatre à quatre les marches et appellent les secours. Pierre Cazeneuve déboule, suivi de dizaines de pompiers qui vont canaliser l’incendie. La toiture du château est partie en fumée mais la soixante de pompiers qui débarquent de tout le territoire parviennent à stopper l’hémorragie. “Les pompiers ont très vite circonscrit la zone à risque c’est-à-dire les chais où sont stockées entre 80 000 et 100 000 bouteilles avec des vieux millésimes qui sont l’histoire de la propriété, nous sommes passés tout près de la catastrophe”, souffle Pierre Cazeneuve.

On ne connaît pas l’origine de l’incendie mais pour le moment chacun se félicite que les dégâts ne soient que d’ordre matériel. “Et surtout il y a la solidarité communautaire qui s’est installée, nos plus proches voisins ont d’abord pris en charge nos enfants, un feu reste violent et puis ils nous ont hébergés, les élus appellent, les copains viticulteurs proposent leur aide et envoient des mots de réconfort, cet élan fait plaisir”, ajoute le propriétaire.

Pierre Cazeneuve travaille au Château Paloumey depuis 2015 au côté de sa mère Martine et il est seul aux commandes depuis 2018 avec une certification biologique. Les Cazeneuve ont ressuscité cette propriété en 1990 après 40 ans d’un long sommeil. Les millésimes de la renaissance sont bien dans les chais. Pierre Cazeneuve s’en réjouit : “Donc la vie continue, ce n’est qu’une toiture, il y a les assurances, nous allons reconstruire, ça aurait pu être beaucoup plus grave”.