Chez Veuve Clicquot, le pinot noir est le cœur même de l’ADN de la marque. A l’occasion de Champagne Tasting qui aura lieu ce samedi à l’hôtel Salomon de Rothschild, Gaëlle Goossens, responsable recherche et développement de la Maison et directrice de son centre de pressurage et de vinification de Verzy, nous emmène à sa découverte à travers une verticale de vins clairs et de deux grands millésimes de La Grande Dame.

Le chef de caves du champagne Veuve Clicquot, Didier Mariotti, était auparavant chef de caves de G.H Mumm. Gaëlle Goossens, directrice du département R & D, a quant à elle fait ses armes chez Bollinger. A croire que la marque jaune ne recrute ses œnologues que dans les maisons spécialisées dans le pinot noir ! Et pour cause, depuis la fondation de cette entreprise qui fête cette année ses 250 ans, celui qu’on appelait autrefois le « morillon » coule avec générosité dans ses veines. Les premières vignes de la Maison, héritées de la famille Muiron, l’épouse du fondateur Philippe Clicquot, se trouvaient en effet dans les grands noirs à Bouzy et Verzenay. La cuvée La Grande Dame, constituée en très grande majorité de ce noble cépage, le met à l’honneur.

Pour comprendre la finesse et l’incroyable potentiel de vieillissement du pinot noir, Gaëlle Goossens, lors d’une masterclass qui aura lieu samedi à l’hôtel Salomon de Rothschild à Paris à l’occasion de l’événement Champagne Tasting, nous propose à la fois une verticale de vins clairs et la dégustation de deux millésimes de La Grande Dame. On commencera par un Verzy 2021, afin d’apprécier le cépage sur la jeunesse. Même s’il est encore un peu fermé, on perçoit déjà ses petits fruits rouges, sa fraîcheur, sa structure et ses beaux amers que la maison va chercher à travailler. Face Nord, à Verzy, le pinot noir a une élégance particulière que l’on retrouvera tout à l’heure en dégustant La Grande Dame. Le vin suivant, un Verzy 2008, nous montre comment le cépage s’ouvre dans le temps. Le vin tout en conservant une tension remarquable propre au millésime atteint ici le stade de la maturité avec déjà quelques arômes tertiaires de confit et beaucoup de profondeur. On termine la dégustation de vins clairs sur un assemblage de Côte des Bar 1996, qui nous fait accéder au stade « épices ». Une larme de ces vins de réserve dans l’assemblage d’une cuvée de Brut sans année peut suffire à rajouter une jolie complexité.

Côté La Grande Dame, la comparaison entre la fraîcheur et la précision du 2012, avec la puissance et le caractère empyreumatique du 1990 (tiré en jéroboam), devrait être riche d’enseignements et d’émotions, nous démontrant que la structure du pinot noir, comparativement au meunier et au chardonnay, en fait certainement le cépage le plus fiable lorsqu’il s’agit d’imaginer des très longues gardes.

L’intérêt de cette dégustation réside aussi dans la compréhension de l’apport des lies dans les vins de réserve, sujet sur lequel Gaëlle Goossens mène avec ses équipes un programme de recherche. « Nous essayons d’identifier l’origine des arômes de nos vins de réserve, quels en sont les précurseurs aromatiques. On ne connaît pas grand-chose des lies et on ne sait pas caractériser une bonne lie d’une mauvaise. Une meilleure connaissance permettrait ainsi de mieux évaluer le potentiel de vieillissement d’un vin jeune. Nous avons débuté ce projet en septembre et notre premier travail a été de mettre au point une méthode analytique pour séparer les lies dans la mesure où il existe différentes fractions avec différentes densités. »


Vous pouvez réserver vos places pour Champagne Tasting ce samedi 7 mai à Paris et pour la master class Veuve Clicquot en cliquant sur ce lien.