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La Bretagne réunifiée autour d’un projet d’IGP 

Le conseil d'administration

Auteur

Lucie
de Azcarate

Date

04.03.2024

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C’est une vieille antienne : le pays nantais appartient à la Bretagne historique, même si, depuis 1955, le département de la Loire Atlantique (44) est séparé des quatre autres départements bretons. Si la réunification administrative ne semble pas à l’ordre du jour, le nouveau Syndicat des Vignerons de Bretagne (SVB), constitué en février 2024, entend réunifier la Bretagne dans sa dimension viticole en revendiquant l’IGP Bretagne. Maxime Cheneau, président du syndicat et vigneron à Monzillon, nous éclaire sur cette initiative.

Qu’est-ce qui a motivé la constitution de ce syndicat ?
Le syndicat, que nous venons de constituer en février 2024, s’est formé pour soutenir l’initiative d’une IGP Bretagne. L’assemblée générale constitutive a élu un conseil d’administration composé de onze membres, vignerons professionnels et porteurs de ce projet. Aujourd’hui, le syndicat compte une quinzaine de membres, majoritairement viticulteurs en Loire Atlantique (44), mais le syndicat n’est pas fermé et entend donc représenter, à terme, des viticulteurs professionnels venant de tous les départements bretons.
La constitution de ce syndicat est la concrétisation d’une réflexion portée depuis dix ans sur la singularité des vins bretons. 

Autour de quels éléments entendez-vous constituer le dossier pour la demande de reconnaissance auprès de l’INAO ?
Pour le moment, rien n’est arrêté, nous attendons beaucoup des échanges sur nos pratiques que nous aurons entre viticulteurs pour définir au mieux cette identité. Nous pouvons aussi nous appuyer sur l’histoire de la viticulture bretonne. Nous nous référons notamment aux travaux de Guy Saindrenan (La Vigne et le Vin en Bretagne, chronique des vignobles armoricains – origines activité, disparitions et réussites du Finistère au Pays nantais, ndlr). Et surtout nous voulons mettre en évidence la singularité des sols bretons. Le profil des vins bretons est influencé par le Massif armoricain. Ce terroir est composé de sols acides qui confèrent aux vins fraîcheur et minéralité ; des qualités qui se marient bien avec la gastronomie bretonne.
En ce qui concerne les cépages, ce critère reste encore ouvert. La discussion tourne autour des cépages endémiques de la région : pinot noir, gamay, pinot gris, chardonnay, sauvignon blanc, et plus confidentiel berligou… et nous ne nous fermons pas non plus aux cépages hybrides. 

Qu’est-ce que l’IGP Bretagne apporterait ?
Nous souhaiterions mettre en avant l’identité bretonne de nos vins pour leur commercialisation. Nous partons d’un constat : en Bretagne les vins du Pays nantais, que ce soit en AOC muscadet et surtout en IGP Val de Loire, ont tendance à perdre des parts de marché au profit d’autres régions viticoles. Alors, il ne s’agit pas de remettre en question l’IGP Val de Loire ou l’AOC muscadet, mais plutôt de proposer aux Bretons un vin dans lequel ils se reconnaissent. A titre d’exemple, je commercialise l’essentiel de mon vin en Bretagne et, dans ce contexte, je trouve dommage qu’il ne soit pas identifié comme un produit breton… ce qu’il est pourtant ! Nous souhaitons ainsi mettre en avant nos vins sous une IGP qui nous semble plus pertinente pour les définir. 

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