Avec la deuxième phase de son Schéma Régional de Développement Économique, d’Innovation et d’Internationalisation, la région AURA poursuit ses ambitions en matière de tourisme et d’œnotourisme. Elle souhaite aider, avec une enveloppe de 300 millions d’euros, les acteurs touristiques vers toujours plus de qualité, d’accueil, de diversité et d’excellence, pour devenir la première destination européenne du tourisme durable. Son attractivité et la richesse de son patrimoine gastronomique et viticole sont de réels atouts. Explications de Patricia Picard, conseillère régionale de la Drôme.

Patricia Picard, vous avez été déléguée générale du Comité Vin AURA, jusqu’à votre élection à la région, où vous siégez aux commissions agriculture, alimentation, viticulture- forêts, tourisme-thermalisme et culture. Présentez-nous ce deuxième plan d’actions pour la filière viticole.

Sur 2017-2021 l’oenotourisme apparaissait dans les thématiques prioritaires. La premier étape a été de structurer la filière, de l’intégrer dans un maximum de thématiques développées par le CRT, ainsi que la partie investissements et mise en place du Fascinant Week-end. Cela a bien fonctionné. Il s’agit maintenant de passer à la vitesse supérieure, pour devenir la première région oenotouristique de France.

L’oenotourisme est en phase de développement, nous sommes la seule région à nous être autant impliquée, dès le départ, avec les aides à l’investissement.

L’idée est de poursuivre et de développer la professionnalisation du tourisme viticole. Une autre idée sous-jacente, que j’avais ressenti comme un besoin prégnant de la filière vin, est de recréer du lien avec les communes et les politiques locales. Vignerons et élus ne se connaissent pas forcément et cela peut créer des soucis.

Le Fascinant week-end va perdurer mais des aides plus spécifiques sont prévues

Oui, avec la poursuite de l’aide aux investissements dans les caveaux. C’est un accompagnement important qui va jusqu’à 40 %. L’idée est de compléter tout ce qui n’est pas accompagné par l’OCM vin. Donc, des infrastructures liées à l’accueil, tels cuisine, salle de dégustation, jardin ampélographique, muséographie. Par exemple, les domaines de Montine à Grignan ou Jaume à Vinsobres, ont pu accéder à ces aides. Le procédé a vraiment fait ses preuves dans leur accompagnement.

D’autres projets seront t’ils mis en place ?

Je souhaite maintenant que l’on aille plus loin et que l’on ait un itinéraire de village vigneron, afin que les visiteurs sachent qu’ils sont dans une grande région viticole. Nous travaillons sur la spécificité de la signalétique. Pour éviter d’avoir un énième panneau, j’ai proposé de mettre un cep à l’entrée des villes et villages. Parallèlement, le CRT s’engage à faire une itinérance et proposer une carte, appli ou papier, de tous les villages vignerons. Cela implique que la commune mette en avant son patrimoine viticole, par un sentier vigneron ou un caveau collectif, par exemple. C’est un engagement à minima qui permet en plus cette identité viticole à la région. Il y a des vignes dans tous les départements, il faut les mettre en avant. C’est le côté innovant qui va se mettre en place dans d’autres secteurs, le fait de labelliser, entre guillemets, sur la région et par la région des communes vigneronnes.

La Vallée de la gastronomie* sera intégrée à ce plan ?

Il y aura bien sur du lien, on ne peut pas les dissocier mais La Vallée de la gastronomie est sur un périmètre restreint et exclues, de fait, un certain nombre de caves et de vignobles car trop loin du couloir. On ne les laisse pas sur le bord du chemin, ils vont avoir les mêmes obligations en matière d’accueil mais ils ne seront pas oubliés.

*La marque « Vallée de la Gastronomie – France ® » relie Dijon à Marseille en passant par la région AURA

www.fascinant-weekend.fr