Aqueria ©DR
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Après le rachat de Nalys à Châteauneuf-du-Pape et Aqueria à Tavel, la famille Guigal consolide ses ambitions pour ses deux propriétés du Sud.

Ça bouge chez Guigal. Pas sur le terroir historique de la maison, à Ampuis où cuverie et caveau ont déjà bénéficié depuis quelques années de lourds investissements sans compter les nouvelles plantations de Saint Cyr pour la Reynarde, le 4e de la famille. Mais au sud de la vallée du Rhône dans les dernières acquisitions, Nalys à Châteauneuf du Pape (acquis en 2017) et Aqueria à Tavel et Lirac (depuis début 2022). Ralph Garcin, ingénieur agronome et œnologue en charge du domaine castelneuvois de 75 hectares (certifié HVE en 2019) s’est d’abord attaché à compléter les manquants du vignoble. Il se prépare à vinifier le 1er millésime 2023 en bio et le dernier dans l’ancienne cuverie « construite par bouts, avoue Philippe Guigal. Il fallait donc tout reconstruire de zéro. Nous avons lancé le concours d’architecte, les travaux devraient commencer fin 2023 ». Nalys, longtemps réputé pour ses blancs (plus de 15 % de la production avec une dizaine d’hectares, en général 5 à 6 % dans l’appellation), va s’attacher avec ce nouvel outil à « augmenter encore la qualité de ses blancs et renforcer le style castelneuvois des rouges avec néanmoins un bon tiers de syrah sur 15-17 hectares. Ils vont souvent dans le grand vin car ils proviennent de bons porte-greffes ; dans les années 80-90, M. Parker avait pourtant trouvé qu’il manquait de tanins et de couleurs, le définissant comme un ‘very good picnic wine’. Mais c’était une autre époque ». Le nom de Nalys a été conservé pour les terroirs de la Crau et le grand vin, en blanc et en rouge, et celui de Saintes Pierres de Nalys a été choisi pour les vins sur sables et safres tout en conservant le sourcing historique du châteauneuf-du-pape en négoce de la maison Guigal.

Conversion en cours

La maison ampuisienne vient également de vinifier son premier millésime à Tavel « même si en 1942 mon grand père, alors chez Vidal Fleury avait déjà travaillé sur cette appellation » précise Philippe Guigal. Après le rachat de la propriété et la disparition en janvier dernier de Vincent de Bez qui avait si bien valoriser le domaine (son frère Bruno restera chef de culture pendant deux ans jusqu’à sa retraite), Aqueria a été également confié à Ralph Garcin qui habite à moins de 5 mn et passe devant en rejoignant Nalys. Il consacre environ un tiers de son temps au vignoble de 68 hectares d’un seul tenant en Tavel (70 % du vignoble), et Lirac. « Les sols étaient déjà bien travaillés, nous allons juste investir dans plus de matériel au vignoble et supprimer les phytosanitaires pour amorcer la conversion en bio » précise l’œnologue. « Aqueria devrait également s’attacher à développer la notoriété de Lirac avec davantage de rouges et de blancs (le 1er millésime en rouge date des années 70, en rouge fin des années 80  » , ajoute Catherine Nilly, directrice commerciale. A plus long terme, la maison Guigal devrait investir en parallèle dans deux projets œnotouristiques, l’un au château d’Aqueria, l’autre dans la maison de la Gabelle, l’ancien hôtel du gouverneur collecteur achetée en 2015 à Condrieu.