Saint-Péray, la petite appellation au sud du Rhône Nord, valorise ses vins avec un nouveau slogan « Blancs éternels ».

L’appellation monochrome de Saint-Péray s’est offert une cure de jouvence tout en blanc. Après un renouveau au milieu des années 2000, porté par le slogan « Un blanc sublime ses origines », l’AOC la plus au sud du Rhône Nord estimait avoir besoin d’un second souffle. Il est désormais véhiculé par un nouveau logo « Blancs Eternels » avec, en fond stylisé, l’éperon rocheux de Crussol et une fleur évoquant la biodiversité dans le vignoble. « L’ouverture de la Maison des Vins et du Tourisme de Rhône Crussol, en collaboration avec l’AOP Cornas, était une bonne occasion de tout remettre à plat, explique le président de l’appellation Benoit Nodin. Nous voulions rappeler aussi dans la charte graphique que nos vignes sont en coteaux ». La nouvelle identité a été signée par l’agence vauclusienne L’eau à la bouche.

L’appellation a profité de la relance du Printemps de Saint-Péray en mai dernier (suspendu pendant deux ans) pour communiquer sur ses valeurs et expliquer son travail à la population locale. « Nous sommes une cité dortoir chic de Valence et ici, la population est particulièrement sensibilisée à l’environnement. Il est donc important pour un petit vignoble comme le notre de parler de biodiversité, d’œuvrer à la sensibilité collective et d’aider chacun à aller dans le même sens en fonction de ses moyens ou de sa localisation, en coteaux ou en pieds de coteaux, rappelle Benoit Nodin. La réflexion part de l’existant à conserver tout en replantant des haies et en élargissant la réflexion au-delà de la viticulture puisque beaucoup des producteurs sont encore en polyculture. Tout en prônant le développement durable, il ne faut pas oublier non plus que notre activité doit rester rentable ».

Une conférence se tiendra d’ailleurs le 26 octobre prochain à la mairie de Guilherand Granges (07), au cœur du vignoble, sur le thème de « L’agriculture dans un monde en mutation ». Elle fera intervenir quatre experts du changement climatique et de la biodiversité (l’agroécologue Alain Canet, l’agronome Hervé Coves, le chercheur Marceau Bourdarias et le directeur de l’Institut de l’Agriculture Durable, Eric Schmidt). Elle sera suivie d’une soirée grand public.

Un triptyque dynamique

L’appellation compte désormais une quarantaine de metteurs en marché, trois ou quatre adhérents de la cave de Tain et un petit négoce développé par de jeunes vignerons sans terre ou en extension de propriété par des producteurs de Crozes-Hermitage, Saint-Joseph ou Cornas. « Ça bouge et c’est dynamique avec un développement d’environ 5 à 6 % de plantations par an, s’enthousiasme Benoit Nodin. Dans les années 80, nous étions pourtant à la traîne avec une appellation à reconstruire, peu à peu grignotée par la pression foncière de Valence, des volumes en chute et la disparition progressive des maisons, notamment d’effervescents. La bascule s’est faite dans les années 90 avec un regain d’intérêt du négoce, Chapoutier en tête puis Les Vins de Vienne, Ferraton, Jaboulet… et de la coopérative de Tain qui représente encore 30 % des volumes (50% au début du siècle) ».

Aujourd’hui, l’appellation suscite un intérêt croissant à l’instar de la couleur. Le triptyque coopération-négoce-caves particulières a su redynamiser les vins tranquilles qui représentent désormais 90 % de l’offre. Saint-Péray ne produit plus que 200 hl d’effervescents par an (pour 3400 hl en moyenne pour l’AOC) avec huit faiseurs mais la bulle est devenue une pépite dans la gamme.


Le Domaine Courbis (Stand E3) et le Domaine Rémy Nodin (Stand C2) seront présents à Lyon Tasting ce week-end au Palais de la Bourse de Lyon. Pour les rencontrer vous pouvez prendre votre billet d’entrée en cliquant sur ce lien.