L’appellation Côtes de Provence est la première appellation viticole a être reconnue par la Fédération de Russie… avant la Chine en 2020. D’autres négociations sont en cours, notamment avec les pays d’Asie.

Pour fêter l’accord signé il y a quelques semaines, le syndicat des Côtes-de-Provence a été convié par l’Ambassade de France en Russie à participer au Salon d’Automne d’Or de Moscou (l’équivalent du Salon International de l’Agriculture à Paris) afin de partager son expérience sur le modèle de la hiérarchisation des appellations françaises, sur la gestion et la gouvernance de l’appellation et sur la protection du nom. “Il s’agissait de leur expliquer le modèle national des appellations et comment ça marche” explique fièrement Eric Pastorino, président de l’AOC Côtes-de-Provence. “Actuellement nous commercialisons peu de côtes-de-provence en Russie, à peine plus de 300 hl avec quelques marques comme Lichine, Bunan, Ott, Minuty…, reconnait Nicolas Garcia, directeur du syndicat. Mais c’est justement en amont qu’il faut obtenir cette reconnaissance. L’un des objectifs de l’État français est d’ailleurs de diffuser ce modèle inventé chez nous pour que les appellations viticoles mais aussi agricoles soient ensuite plus facilement protégées”. Car si en droit européen, les appellations sont supérieures à la marque, il est loin d’en être de même au niveau mondial. Le sujet est d’ailleurs à l’étude à l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin).

Une veille juridique accrue

Des accords bilatéraux ont également été signés cette année avec Singapour, le Japon et la Chine à l’occasion de la visite du président Macron (la protection du nom y sera effective en 2020). En Chine, seules 26 appellations sont reconnues à ce jour (le Cognac était la première indication géographique étrangère en 2009).

Le service juridique du syndicat des Côtes-de-Provence, créé il y a 4 ans, est également chargé de la protection du nom et de la gestion des contentieux. Une juriste spécialisée dans le droit des marques, Anais Huysmans, a été recrutée pour travailler en collaboration avec les services juridiques de l’INAO. “Dès qu’il y a un dépôt de marque avec le mot Provence, nous en sommes informés grâce à une veille par un cabinet d’avocats et nous pouvons intervenir très vite”, précise la jeune femme.

130 dossiers ont été répertoriés dont environ 90 en France, la plupart négociés à l’amiable et certains concernant des marques déposées mais non commercialisées. Actuellement, les marchés américain et surtout espagnol sont sous haute surveillance, de plus en plus d’opérateurs aposant “style Provence” sur l’étiquette de leurs bouteilles de rosé IGP ou sans même IG. “En période de fête, c’est aussi souvent le cas dans les rayons de la GD britannique”, complète Nicolas Garcia. Des négociations de reconnaissance sont en cours avec plusieurs pays d’Asie tels la Thaïlande, la Malaisie, avec le Mercosur… Singapour et le Japon ont été signés cette année.